Ecologie pratique dans la vie quotidienne : expériences, réflexions et exemples concrets

"L'écologie, tout le monde en parle mais tout le monde s'en fout!" (citation de ma buraliste)
Il y a urgence, beaucoup sont d'accord là-dessus, mais ce n'est pas toujours simple de savoir quoi faire à son échelle. Pas simple de se sentir concerné, pas simple non plus de savoir par où commencer.
Vous trouverez ci-dessous quelques pistes concrètes à explorer !

Le lave-vaisselle pour les économies d'eau? Pas toujours...

7 juin 2009

Le jour où ma mère m'a proposé de m'offrir un lave-vaisselle, j'ai pensé que cela allait grandement me faciliter la vie. D'abord parce que ce serait moins fatigant que de faire la vaisselle à la main, ensuite parce que je gagnerais du temps, enfin parce que je ferais des économies d'eau. Le bonheur!

Mais au fil de mes interrogations et de mes avancées en matière d'écologie, je supportais de moins en moins cette machine qui m'éloignait une fois de plus de la simplicité et me rendait dépendante. Plusieurs aspects de la bête m'énervaient!

  • Je ne supportais plus d'abord, l'encombrement de cet objet dans ma minuscule cuisine qui aurait bien mérité quelques espaces de rangement supplémentaires

  • D'autre part, je trouvais l'objet très bruyant et s'il y a bien une pollution qui m'insupporte, c'est le bruit!

  • Ensuite, je me désespérais à chaque fois de voir que ma vaisselle n'était jamais vraiment propre, que des résidus alimentaires restaient parfois collés aux assiettes ou au fond des verres et que les dits-verres perdaient leur éclat malgré les produits agressifs que je pouvais utiliser! J'étais très souvent obligée de relaver ce qui était sensé être propre!

  • Et il fallait faire bien attention à encastrer correctement la vaisselle dans la machine pour que l'eau circule facilement entre toutes les pièces... bonjour le casse-tête! Il paraît qu'il y a des pros du rangement de lave-vaisselle, moi je n'en suis pas! On ne m'avait pas prévenu que j'aurais dû prendre cette option au baccalauréat!

  • En plus, il restait toujours des "trucs" qui ne rentraient pas dans le lave-vaisselle ou alors qui prenaient toute la place de sorte qu'on ne pouvait plus y mettre que les couverts d'un ou deux repas. Était-ce alors vraiment économique en eau? Nous, nous avions choisi l'option de charger uniquement bols, verres, couverts, assiettes... pour ne le faire tourner que tous les 3 jours. De fait, il nous restait forcément les casseroles, les poêles et les saladiers à laver à la main. Pour le temps gagné et l'économie d'efforts, c'était peu concluant...

  • Et puis un truc m'énervait plus que tout, c'est qu'on était toujours en manque d'un ustensile! "Y a plus de petites cuillères! Y a plus d'assiettes!" "Regarde dans le lave-vaisselle!" "C'est sale!" "Ben lave ce dont tu as besoin!"
Ridicule, on finissait par laver à la main ce que le lave-vaisselle aurait dû laver. Pourtant, j'avais vraiment le sentiment d'avoir assez de vaisselle! Mais c'est là que ce que l'on prend pour du confort peut se révéler vicieux : quand on sait que c'est "la machine" qui va laver, on hésite moins à utiliser de la vaisselle en veux-tu en voilà, de sorte que rapidement, on a recours à toute la ménagère!

  • Enfin, lorsqu'il fallait le débarrasser, c'était toujours beaucoup de manipulations et bizarrement personne n'avait envie de s'y coller. C'était souvent une corvée que l'on reléguait honteusement aux enfants (mea culpa!)

Bref, on m'entendait souvent râler, dans cette famille, à propos de ce "*&!&*#" de lave-vaisselle. Et comme je lisais ou entendais toujours dans les média qu'une telle machine consomme moins d'eau qu'une vaisselle à la main, je subissais mon sort de femme moderne...

Jusqu'au moment où j'ai craqué! C'était il y a deux semaines, lorsque je reçus une amie. Nous avions préparé une soirée de dégustation de plats végétariens pour des copains sceptiques. Nous avions cuisiné tout l'après-midi et avions concocté une dizaine de plats différents. Le lendemain, il y avait une tonne de vaisselle. Comme nous avions le temps, nous avons entamé la vaisselle à la main. C'est là que nous avons évoqué le problème que représentait le lave-vaisselle. C'est là que j'ai compris que je n'étais pas seule sur Terre face à ce diktat de la modernité! :-)

Claire a évoqué le "bon vieux temps" où ils faisaient la vaisselle en famille, lorsqu'elle était enfant, en chantant pour rendre la corvée supportable et j'ai réalisé que les machines, décidément, nous éloignaient des hommes. Je me suis souvenu aussi de mes propres parents qui discutaient toujours beaucoup pendant ces moments de ménage imposé, transformant la corvée quotidienne en temps de partage.
A la fin du lavage, nous avions beaucoup échangé, nous avions ri et la vaisselle était étincelante, comme elle ne l'avait pas été depuis bien longtemps.

Depuis, nous avons désencombré le lave-vaisselle. Dominique et moi partageons ce moment, c'est notre moment à nous pour discuter (alors que le repas est le moment familial) pendant que les petits se préparent pour aller au lit.

Et puis je vais pouvoir enfin désencombrer toute la vaisselle moche que je gardais uniquement pour ne pas être en rupture trop rapide de couverts ou d'assiettes! Puisque tout sera lavé à chaque fois, plus besoin de surplus!

Et pour les économies d'eau? J'ai regardé la notice technique de mon appareil et j'ai fait mes petits calculs :

  • d'un côté, avec le lave-vaisselle j'utilise 21 litres d'eau tous les 3 jours + 3 litres par jour pour le lavage poêles/casseroles... soit au total 30 litres d'eau pour 3 jours. 10 litres par jour. Je ne compte pas l'eau utilisée pour relaver de la vaisselle sortant de la machine mais encore sale...

  • de l'autre, ma petite bassine de 4 litres, suffisante pour laver la vaisselle d'une journée, bols du petit-dèj et ustensiles de cuisson compris. Je ne fais pas la vaisselle à l'eau courante, je me contente des 4 litres. Par contre, je prends bien soin d'enlever tout résidu alimentaire pour éviter de trop salir l'eau et de devoir en changer. Comme j'utilise un liquide vaisselle écologique, je n'ai pas besoin de rincer et je récupère l'eau grise pour mon jardin.

Voilà, d'un côté 10 litres perdus par jour, de l'autre 4 litres récupérés. Pour moi, c'est clair.

J'ai conscience qu'il existe des appareils performants, silencieux et très économes en eau mais ces appareils sont encore coûteux et franchement, je n'ai pas envie de m'encombrer avec ça... Tant que mes choix vont dans le sens de mes convictions, c'est l'essentiel. En tous cas, sans machine à laver et maintenant sans lave-vaisselle, je sens que notre facture d'eau annuelle va encore chuter!

Se laver au savon

mercredi 27 mai 2009, 18:30

Depuis plus d'un an maintenant, je me lave et je lave mes enfants au savon. J'ai eu longtemps des a priori sur le savon : je pensais qu'il desséchait la peau, que cela piquait (les yeux, les micro-coupures, les parties intimes) et je trouvais même cela un peu cracra ce truc qui restait à l'air libre, au contact des microbes, à macérer dans son porte-savon cradouille.

Mais à force de désencombrer ma salle de bains de tous ses produits qui lavent "plus blanc que blanc", j'ai eu envie de me tourner vers un produit plus simple, plus naturel et surtout vers un produit unique. J'ai aussi commencé à analyser les étiquettes de produits que j'achetais, notamment grâce au site Le Flacon. Et j'ai découvert que le gel douche (même bio) est pratiquement toujours synthétique et contient énormément d'eau (finalement, lorsque on achète un gel douche, on achète de l'eau qui sent bon)

De plus, hormis l'eau qui est son principal composant, le gel douche peut contenir jusqu'à 30 ingrédients : agents nettoyants, opacifiants, colorants, conservateurs, déodorants, moussants, émollients etc...
Autant dire que dans un seul gel douche, c'est toute une usine de pétro-chimie qui est en action! Sans compter que je n'aimais pas trop l'idée de tous ces contenants en plastique qui venaient une fois de plus alourdir mes poubelles.

Bref, j'ai acheté du savon de Marseille et depuis, je n'ai que rarement utilisé autre chose. (si, un savon liquide pour la piscine...)

Le véritable savon de Marseille est un mélange d'huile d'olive et de soude à 72% (obtenue à partir des cendres de plantes de salicorne donc d'origine végétale) et 28% d'eau additionnée d'une goutte de citronnelle.

Contrairement à ce que je pensais, je trouve que le savon de Marseille ne dessèche pas la peau. Est-ce sa concentration forte en huile d'olive qui permet cela? Je ne sais pas, mais en tous cas, ma peau (pourtant sensible) reste souple et douce après la toilette, bien plus que lorsque j'utilisais des gels douche dont les tensio-actifs et les agents de synthèse m'agressaient.

Le savon mousse beaucoup moins qu'un gel douche, et pour cause : il ne contient pas d'agent moussant artificiel En fait, il en va du savon comme de n'importe quel produit (notamment alimentaire) : avec nos découvertes chimiques, on a tellement oublié le goût ou l'aspect naturel et réel des choses qu'on leur trouve plein de défauts! Comme j'aime la mousse, j'utilise une fleur de massage que je frotte d'abord sur le savon, l'effet est garanti!

On peut regretter que le savon ne sente rien, ou pas grand chose et que l'odeur ne tienne pas sur la peau... Je me souviens que lorsque j'avais 22 ans, je collectionnais les gels douche d'une marque. Jusqu'à 6 ou 7 flacons pouvaient orner ma salle de bains! Et j'adorais adapter la senteur de mon gel douche à mon humeur du jour... Entre ces parfums de synthèse, mon déo et mon eau de toilette, il y avait un sacré mélange!

Je ne porte plus de parfum depuis longtemps (mais j'aimerais bien en trouver un qui ne soit pas testé sur les animaux, qui soit naturel et qui ne sente pas les huiles essentielles de ma pharmacie!!) mais je supporte plutôt bien l'odeur neutre que laisse sur ma peau un lavage au savon. Comme j'utilise maintenant du bicarbonate de soude comme déodorant, je ne sens finalement que.... moi-même ! Mais cela n'empêche pas mes enfants et mon mari de me dire régulièrement que "je sens bon"! Allez comprendre!

J'utilise aussi mon savon pour les cheveux, ce qui a bizarrement considérablement réduit mon nombre de shampoings : je ne me lave plus les cheveux qu'une fois par semaine et j'ai pourtant les cheveux mi-longs, je les trouve beaucoup plus brillants qu'avant.
Il existe des shampoings et des après-shampoings sous forme solides qui répondent, comme leurs homologues liquides, à tous les soucis de cuir chevelu et de frisotis que l'on peut rencontrer!
Ma marque favorite? LUSH ! C'est bien simple, chez eux, j'ai envie de TOUT acheter! (même si je sais que certains de leurs savons contiennent du Sodium Laureth Sulfate... Mea culpa!)
Mais je m'en tiens à un ou deux produits spécifiques, notamment un excellent shampoing solide anti-pelliculaire.
Je trouve le shampoing en barre beaucoup plus économique car il dure longtemps, plus efficace et une fois de plus, il résout le problème du contenant.

Par contre, ce n'est pas facile de transporter un bloc de savon de 600 g ! LUSH propose des petites boites en métal pour ranger la barre de shampoing, mais j'avoue que c'est un peu galère pour transporter mon pain de savon de Marseille à l'extérieur : camping, chez des amis, à la piscine... Là, j'emmène du gel douche.

Je ne parle pas du savon d'Alep, tout simplement parce que je privilégie les produits locaux. A chaque pays ses particularités et ses bienfaits. Cela évite transports et pollution inutiles.

Renseignez-vous pour trouver une savonnerie artisanale près de chez vous, il en existe heureusement encore beaucoup. Personnellement, j'achète mon savon au marché mais je sais qu'il existe une savonnerie à quelques kilomètres de chez moi. Vous en trouverez aussi dans les magasins bio, les pharmacies et les parapharmacies ou dans les supermarchés. A chaque fois, faites bien la différence entre les savonnettes de synthèse, aussi nocives que les gels douche et le VRAI savon. Pour cela, ne comptez comme d'habitude, que sur votre vigilance et sur la discussion avec le commerçant!

Des nouvelles du compteur d'eau !

dimanche 19 avril 2009, 18:32

L'employé de l'eau de ville est passé ce matin relever notre compteur. Nous avons encore cette année économisé 11 000 litres par rapport à l'année dernière. Nous atteignons donc la consommation inespérée de 67 000 litres pour 4 personnes , sachant que nous avons encore (hélas) des toilettes à eau (et non des toilettes sèches).
Notre consommation est donc de 45 litres d'eau par jour et par personne. Selon l'INSEE, la moyenne nationale est de 165 litres par jour et par personne.

Rappelons qu'un africain dispose de 5 litres d'eau par jour et que 45 litres me paraissent encore énormes et intolérables. Nous pouvons donc encore sûrement faire des efforts mais, pour l'instant, je ne vois pas comment résoudre le problème des toilettes qui consomment 57% de l'eau potable du foyer... (pour le moment, les toilettes à compost ne sont pas envisageables chez nous.)

Pour économiser l'eau, en plus de tous les petits gestes du quotidien que vous connaissez parce que les média en parlent sans cesse :
  • tentez de ne prendre une douche qu'un jour sur deux : mais si vous pouvez! Mais non vous ne sentirez pas mauvais! Ne pas prendre de douche ne signifie pas s'abstenir de se laver! Lavez-vous au gant : pieds, fesses, aisselles et usez, abusez du bicarbonate de soude comme absorbeur d'odeurs (à appliquer après passage du gant bien sûr!) Je vous promets : c'est radical! Et pourtant, je faisais partie des gens qui transpiraient beaucoup et qui nécessitaient une douche à cause de cela!

  • si vraiment vous ne pouvez pas envisager la douche un jour sur deux, mettez le minuteur de cuisine sur 5 minutes et coupez l'eau pendant le savonnage

  • mesdames, par pitié, ne vous lavez pas les cheveux tous les jours! Vos cheveux graissent? Normal, plus vous les lavez, plus ils graissent, n'importe quel coiffeur vous le confirmera. Encore plus si vous avez les cheveux longs et/ou bouclés. Adoptez le shampoing solide, bien moins agressif que tous les détergents liquides du commerce et passez à un ou deux shampoings par semaine! Si, c'est possible... Oui, votre chevelure sera plus belle!

  • récupérez l'eau de votre douche et versez la dans les toilettes

  • réduisez le nombre de vêtements à laver. Est-ce si grave d'envoyer vos enfants à l'école avec cette micro-tâche sur le tee-shirt? Et vous, avez-vous besoin de mettre au panier tous vos vêtements le soir? Vous vous roulez dans la boue sur votre lieu de travail?

Si vous ne faites pas tout cela pour l'écologie, faites le au moins pour votre facture! A raison de 2,80 euro en moyenne le mètre cube, nous avons réalisé une économie de 200 euros sur notre facture annuelle depuis que nous sommes devenus des obsessionnels de l'économie d'eau !

Coupe menstruelle, qu'est-ce que c'est que ça encore ?

lundi 18 mars 2009

Une de mes amies est arrivée un soir chez moi en s'exclamant : "Figure-toi qu'on m'a parlé d'une sorte de coupe en silicone à porter à la place des tampons! Je me suis dit que ça t'intéresserait sûrement ce genre de truc écolo !"

"Je connais, ai-je répondu, j'en utilise une depuis plus de deux ans."

"Non!!!! Mais c'est dé.......asse!!!"

J'ai éclaté de rire. Voilà une réaction classique lorsqu'on évoque la mooncup, ce petit récipient en silicone que l'on introduit dans le vagin en période de règles.

Et pourtant, quel impact écologique ont les tampons et serviettes jetables sur notre environnement! Pensez-donc : une femme emploierait environ 10 000 protections jetables au cours de sa vie alors qu'elle n'utilisera que 4 coupes menstruelles en admettant qu'elle soit réglée à 12 ans et ménopausée à 50 ans.

La fabrication des tampons et serviettes est selon Greenpeace une des plus importantes pollutions de la planète : les pesticides pulvérisés sur le coton, les résines et colles des serviettes, le blanchiment au chlore, les applicateurs en plastique, le packaging, le traitement de ces déchets par enfouissement, le rejet dans les océans des tampons jetés dans les toilettes, tout de A à Z est polluant dans ce type de consommables.

Bien sûr, il existe des serviettes et tampons écologiques, non blanchis au chlore et provenant de cultures respectueuses de l'environnement. Mais le problème du jetable n'est pas résolu. Or, il faut tenir compte de l'impact qu'un produit, même bio, aura sur l'environnement. C'est à ce prix que notre consommation pourra enfin devenir raisonnable et responsable.

Une solution consiste à utiliser des serviettes hygiéniques lavables que l'on peut fabriquer (c'est très facile, voir le tutoriel dans la rubrique "Faire soi-même") ou à les acheter sur des sites spécialisés.

Une autre consiste à faire l'acquisition pour 10 ans d'une coupe menstruelle. Ecologique, économique (3 euros par an) et très agréable à porter! Là où les tampons sont parfois gênants ou blessants du fait de leur rigidité, la coupe menstruelle est souple et se fait oublier. De plus, vous ne risquez plus d'infections ou d'allergies dues à de minuscules fibres de tampons qui restent collées à la paroi vaginale. Finie aussi la sensation très désagréable de macération et d'humidité au contact des serviettes et propice au développement microbien.

Oui mais.... est-ce que c'est facile à mettre?

Lorsque j'ai reçu ma coupe, j'ai pris peur devant la taille de la chose!!! Comment allais-je rentrer cela en moi? Puis j'ai réfléchi et je me suis dit que des "choses" bien plus grosses étaient sorties de moi il y a 8 et 5 ans maintenant! Si le corps est capable de s'ouvrir pour laisser passer un bébé de plus de 3 kg, ce n'est pas une petite coupe de rien du tout qui va nous effrayer! Oui c'est facile à mettre, il suffit de la plier en deux et de l'introduire dans le vagin comme un tampon sans applicateur. Ensuite, elle s'ouvre toute seule pour se mettre ne place et s'adapte parfaitement à votre morphologie personnelle.
Pour la retirer, vous introduisez également deux doigts dans le vagin et la saisissez soit amplement, soit par la tige que vous aurez préalablement coupée à la longueur qui vous convient. Personnellement, je n'ai jamais réussi à la retirer en tirant sur la tige (que j'ai d'ailleurs coupée à ras parce qu'elle me gênait lorsque je m'asseyais).

Oui mais... y a-t-il des fuites?

Non, pour la tester depuis plus de deux ans, je peux vous garantir que je n'ai jamais eu de fuites avec ma coupe, contrairement aux tampons, avec lesquels j'avais trop souvent des surprises. La coupe contient jusqu'à 30 ml. Or, une femme perd au maximum 60 ml en une journée de menstruation. Il suffit donc de changer la coupe 2 fois par jour, bien moins souvent qu'un tampon! J'ai vu porter ma coupe 8 heures d'affilée sans souci au moment où mes règles étaient les plus abondantes.

Oui mais... comment gérer cela en pratique?

Idéalement, lorsque vous enlevez votre coupe, vous la videz dans les toilettes et vous la rincez immédiatement sous l'eau froide avant de la réintroduire. Dans les faits, il n'y a pas toujours de lave-mains dans les toilettes où vous vous trouvez. Pas de souci! Il suffit de vider votre coupe et de la réintroduire aussitôt. Non, vous ne mourrez pas de septicémie!
Certaines proposent de l'essuyer grossièrement avec du papier hygiénique mais je ne suis pas satisfaite de cette formule car je trouve qu'elle assèche la coupe et qu'il est donc plus douloureux de la réintroduire ensuite.
Une fois que l'on est habituée, on n'y voit plus d'inconvénients. Une astuce : la coupe est trèèèès pratique aussi après un câlin pour éviter les écoulements. (pas très glamour tout cela, mais cela répond aussi aux questions qu'on n'ose jamais poser!)
La coupe sert donc bien plus qu'une semaine par mois!

Oui mais... est-ce hygiènique?

Vous pensez au fait qu'elle soit réutilisable? Rassurez-vous, entre deux cycles, il est conseillé de la stériliser avant de la ranger dans son étui. Personnellement, je ne l'ai jamais fait. Pendant le cycle, je la nettoie quotidiennement à fond avec du savon lorsque je prends ma douche. A la fin du cycle, je la fais tremper une journée dans un peu d'eau avec quelques gouttes d'huiles essentielles de ravintsare et de menthe. Je rince puis je la range!
Toutes les femmes qui l'utilisent témoignent de la sensation de confort et d'hygiène (moins d'allergies, moins de mycoses).

Oui mais... est-ce que cela sent mauvais?

Cela peut arriver si vous avez gardé votre coupe trop longtemps en vous (on l'oublie tellement elle est confortable!) ou si vous avez eu, parallèlement à vos règles, une petite infection vaginale. Dans ce cas, nettoyez bien votre coupe au savon et laissez la tremper dans de l'eau et quelques gouttes d'huiles essentielles.
A part dans ces deux cas, la coupe ne sent rien et contrairement à ce que l'on pourrait penser, le sang non plus. (en tous cas, pas suffisamment)

Oui mais... tout ce sang, c'est quand même beurk!

Effectivement, vous aurez du sang sur les doigts. Effectivement, vous verrez concrètement quelle quantité de sang vous perdez pendant vos règles. Personnellement, cette coupe menstruelle a eu sur moi des effets bien plus bénéfiques que je ne m'y attendais. Elle m'a permis de me réapproprier ma féminité. Acheter des tampons  jetables c'était d'une certaine façon tenter de me débarrasser en catimini de ce que beaucoup de femmes encore appellent "les vilaines".
Utiliser une coupe, c'est assumer mon rapport au corps, accepter  et "voir" concrètement ce que mon corps de femme produit, c'est me rapprocher de la nature et du rôle qu'elle m'a donné.

Arte a diffusé le 8 mars dernier, lors de la journée de la femme, un documentaire intitulé The moon inside you, dans lequel Diana s'interroge sur le rôle et l'intérêt des règles pour la femme. Une émission passionnante qui a montré une fois de plus comment nous essayons de dompter ce qui est naturel et comment nous marchons à l'envers de ce pour quoi nous sommes programmées. Je reviendrai sûrement sur ce sujet-là. En attendant, vous pouvez visionner quelques extraits sur le site d'Arte.
La lune est en moi

Economiser le papier

mercredi 13 mars 2009, 18:33

Parce que la production de papier détruit les forêts bien sûr, mais aussi parce que sa fabrication et son traitement utilisent jusqu'à 60 litres d'eau par kilo de papier produit (10 litres pour du papier recyclé) il est urgent d'économiser le papier.

Le papier blanc est blanchi au chlore dont on connaît la nocivité. Quant aux encres utilisées pour tous les messages imprimés, il est rare qu'elles soient à base d'eau ou végétales.
Pour toutes ces raisons et aussi parce qu'on croule sous la paperasse on peut :

  • refuser la publicité dans sa boite aux lettres et les tracts dans la rue
  • ne plus prendre sous prétexte que c'est gratuit : certains journaux, les dépliants, les cartes de visite, les prospectus...
  • refuser le ticket récapitulatif à la bibliothèque
  • penser à toutes les factures que l'on reçoit et s'abonner au fur et à mesure aux e-factures et aux e-relevés (possible dans la plupart des banques et des organismes)
  • cesser d'imprimer à tout va, sur des feuilles vierges. Utiliser du brouillon pour ses impressions
  • et se désabonner de toutes les newsletters papier que l'on reçoit : catalogues Vert...det, Red...te et consorts.
  • faire ses papiers par e-mail : impôts, anpe, assedic, caf, edf-gdf, mutuelle, banque... en apprenant à se servir de l'interface

On peut TOUT gérer ou presque par internet!

Les questions que l'on me pose toujours !

mercredi 11 mars 2009

Depuis quand êtes-vous décroissant ?

Depuis environ 9 ans

Qu'est ce qui vous a attiré dans la simplicité volontaire ?

La simplicité! Le fait de revenir à des vraies valeurs, pas celles qui bougent au gré du vent de la pub. Le fait aussi que ce ne soit pas un mouvement bien défini, avec un code, un dogme à suivre auquel il ne faudrait pas déroger.
La SV n'est qu'une réflexion personnelle où chacun fait les pas à sa mesure et en fonction de ses résistances. Chacun fouille également ce qui est important pour lui : pour certains c'est l'écologie, pour d'autres le rapport au temps ou au travail ou au matériel.
L'idée d'une vie plus simple, moins englué par le bien-penser, bien-acheter, bien-consommer, ça me plait. Devenir responsable de ma vie, de ce que je veux léguer. Ne plus répondre comme un robot aux directives de bon-producteur que l'on apprend dès l'école, remettre aussi les choses à leur juste place : le travail, l'argent, la consommation ne deviennent plus les buts à atteindre ni même des moyens d'atteindre son but.
La fameuse "réussite de vie" ne se confond plus avec le carriérisme à tout prix, ni avec l'étalage des biens. D'ailleurs, si réussir sa vie veut dire "avoir une belle maison, une grosse voiture, un bon travail..." que nous reste-t-il à chercher une fois que l'on a atteint ce but?
La SV m'invite à penser par moi-même, libérée des discours politiques et commerciaux. Elle m'oblige à me positionner sur cette planète comme maillon d'une chaîne (pas plus, mais pas moins non plus), interférant avec les autres espèces.
Je dois donc en tenir compte et comprendre que mes actes ont des conséquences sur ce et ceux qui m'entoure(nt) C'est pourquoi la SV créé énormément de liens humains car, sortie des valeurs mercantiles de la société occidentale, je peux enfin être libre pour aller vers les autres.


En quelques mots, est-ce que vous pouvez me définir votre mode de vie ?

Je ne sais pas si mon mode de vie est si particulier qu'il faille le définir. En quelques mots je dirais que j'essaie de vivre avec bon sens et raison, simplicité et responsabilité. Je pense souvent à cette maxime de Desproges : "Progrès : art de compliquer ce qui est simple"
Je ne refuse pas le progrès mais je ne vois pas de progrès dans des appareils ou des services qui vont en fait, me rendre dépendante. Pas de progrès pour moi dans un micro-ondes alors qu'une casserole munie d'un couvercle réchauffe aussi rapidement et plus durablement (les ondes en moins!), pas de progrès non plus pour le téléphone portable (sauf dans certaines professions) quand je peux téléphoner partout en France dans des cabines téléphoniques.

Bref, avant de faire un achat je me demande toujours : cette chose n'existe-t-elle pas déjà de façon plus simple? C'est le cas pour beaucoup d'objets.

Pour la nourriture c'est pareil, progrès pour moi ne signifie pas ces biscuits suremballés bourrés de saloperies chimiques qui nous contaminent, quand une bonne tartine de pain beurrée suffit à combler les enfants!

J'apprends à mes enfants à décortiquer la pub, à s'en méfier, à lire les étiquettes, à comprendre par qui a été fabriquée la Nintendo DS, pourquoi et comment elle continuera à polluer notre planète alors qu'eux-mêmes seront morts depuis 1 000 ans.

Depuis qu'ils ont appris que le jouet du Happy Meal Mac Do (oui, je les emmène parfois) est fabriqué par un gamin de leur âge qui doit économiser sur sa maigre paye pour se l'offrir, ils boycottent la formule.

Attention, je ne suis pas une ayatollah de la SV, ils ne comprennent pas toujours ce que je raconte ou alors ils le comprennent mais "quand même j'aimerais bien avoir une DS!!!" Alors, à ce moment-là, je joue mon rôle d'éducateur (ce n'est pas toujours drôle) et je les protège de ce que je pense être un danger de santé publique en refusant d'acheter ces jouets du 3ème millénaire.
A part ça, on joue beaucoup, on sort énormément, on va au théâtre, aux festivals, aux concerts, aux expos, aux musées. On échange beaucoup, ils aiment ça. Et ils jouent à la DS chez les copains!


Au quotidien, quels sont vos gestes écolos ?

    * Je trie tous les déchets possibles, même si cela me demande d'aller à la déchetterie pour recycler certaines choses (piles, alu, matériaux divers...), je composte les épluchures de légumes, de fruits, les coquilles d'oeufs, les sachets de thé, bref tout ce qui est alimentaire.

    * Nous avons isolé de fond en comble notre maison parce que nous luttons contre le gaspillage d'énergie : isolation des murs-sols-toit-cave, double vitrage sur toutes les fenêtres, chaudière à programmation pour chauffer seulement lorsque nous sommes présents. Nous avons baissé la température de la maison de 20° à 19° (incroyable les économies que nous avons réalisées!) Nous avons aussi équipé toutes nos lampes d'ampoules à économies d'énergie et acheté des appareils ménagers classe A ou A+

    * Nous avons appris à vivre sans certains appareils ménagers trop gourmands : nous nous sommes débarrassés de la cafetière à dosettes, de la bouilloire électrique (vive les casseroles avec un couvercle!), du téléphone portable, de la tondeuse électrique (la manuelle fonctionne très bien et muscle les bras! Mais nous avons un petit jardin...), du micro-ondes, du congélateur et n'avons pas remplacé la machine à laver depuis qu'elle est tombée en panne il y a 6 mois.
Nous allons au lavomatique, du coup, on fait très attention au linge que l'on met dans le panier : nous portons nos vêtements plusieurs jours sauf tâche énorme ou odeur de sueur importante. Un pantalon fait plus d'une semaine, un pull ou un chemisier fait plusieurs jours dans la mesure où nous portons des maillots de corps qui absorbent la sueur et qui, eux, sont  mis au panier chaque jour avec les sous-vêtements. Un pull peut parfois être porté 2 semaines .... Et pourtant je suis très sensible aux odeurs!!!  Mais il suffit d'être un peu organisée : épilation impeccable, déo naturel tous les jours, maillot de corps. Pour les enfants, je suis encore plus cool. Pas grave s'il sortent avec une ou deux tâches sur le tee-shirt, surtout le WE! Ils n'ont pas encore l'âge de passer des heures dans la salle de bains, j'en profite!

    * Nous économisons beaucoup l'eau. C'est une obsession! Nous récupérons l'eau de pluie pour le jardin. Nous avons enlevé la baignoire pour installer une douche, équipé les robinets de thermostats et de mousseurs, les toilettes ont été équipées d'une chasse d'eau à double commande. En attendant que l'eau de la douche chauffe (nous avons une maison à étages donc cela prend du temps), nous récupérons l'eau dans un seau que nous versons ensuite dans la chasse des toilettes. Nous économisons ainsi plusieurs litres d'eau par jour. Nous ne prenons une douche que tous les 2 jours, les enfants prennent 2 à 3 douches maximum par semaine mais nous nous lavons tous les soirs au gant, comme faisaient nos grands-mères. Avec ces exigences, nous avons consommé l'année dernière 78 mètres cubes d'eau pour 6 personnes. (2 adultes, 2 enfants et 2 étudiantes chinoises qui avaient les mêmes habitudes d'économie d'eau : c'est une ressource rare dans les campagnes là-bas!)

    * Nous éteignons toujours les appareils (pas de veilles)

    * Nous n'utilisons que des piles rechargeables et minimisons d'ailleurs les objets à piles (pas de jouets à piles par exemple)

    * Nous faisons le moins d'achats matériels possibles

    * Nous utilisons à fond les ressources locales : bibliothèque, médiathèque, ludothèque, piscine.... et pratiquons beaucoup l'échange avec nos amis : fringues, livres, cds, dvds, jeux pour enfants, tout y passe !

    * Nous refusons la pub dans notre boite aux lettres mais aussi lorsqu'on nous en distribue dans la rue

    * Nous économisons le papier : on récupère les enveloppes, le brouillon, on n'imprime presque rien.

Niveau nourriture, est-ce que vous consommez des produits bio et/ou locaux ?

    * Nous consommons toujours des produits de saison : fruits, légumes mais aussi poissons (eh oui, il y a des saisons de pêche à respecter!). On attend l'été pour manger des tomates, même si au supermarché on en trouve toute l'année. On achète au marché, aux producteurs locaux, bios de préférence mais pas seulement. Je préfère acheter des tomates non bios à la bonne saison que des tomates bios d'Israël au mois de mars. Par contre, quand c'est la saison, j'achète par kilos entiers (je vais cueillir directement chez le producteur, les prix sont alors imbattables) et je fais des conserves pour le reste de l'année : confitures, compotes, légumes, purées... Mais nous n'achetons pas que les légumes et fruits au marché. Aussi le fromage, les épices...

    * Sans être végétariens, nous mangeons très peu de viande (pas plus de deux fois par semaine) parce que l'alimentation carnée représente une aberration environnementale. Fabriquer de la viande coûte cher à la planète : les terres réservées à l'exploitation, l'eau pour abreuver les bêtes et pour arroser les céréales qui vont les nourrir, les terres cultivées pour les céréales des animaux.... tout cela a un impact environnemental énorme que je refuse de soutenir.
C'est un luxe de riche que de manger de la viande. Je n'achète donc pas de viande par pur résistance politique! Mais si je vais au resto (c'est rare!), je prends un tartare de boeuf! Mes enfants et mon mari en consomment également très peu. Mais que de variété dans notre cuisine avec des légumes, des céréales ou des graines germées que beaucoup ne connaissent pas! Peu de poisson aussi parce que la pêche massive vide la mer et que c'est inadmissible. On en mange parfois mais il y a des espèces que je refuse d'acheter (colin, morue, thon...) parce qu'elles vivent leurs dernières heures.

    * On consomme très peu de choses préparées : je fais les yaourts, les compotes, les confitures, la pâte à tartiner, les gâteaux, parfois des crèmes dessert, on fait notre pain, avec de la farine bio, broyée à la meule de pierre au moulin local. On achète la farine par sac de 25 kgs car on en utilise beaucoup : gâteaux, pâtes à tarte, pain.

    * On ne mange pas de sucre raffiné (y compris cassonade qui n'est pas plus saine que le sucre blanc), on utilise seulement le sucre naturel : miel, rapadura, sirop d'érable y compris dans les gâteaux, ça leur donne une couleur brune un peu bizarre mais c'est très bon !

    * On évite les produits industriels : les oeufs en batterie, le fromage pasteurisé, le lait non bio, le chocolat en poudre (à remplacer par cacao pur + miel)...

    * Règle d'or : acheter local ou au moins européen (oranges...). Exception faite pour : le chocolat, le thé, le café. Peut-être qu'un jour j'arriverai à m'en passer.


Est-ce que vous utilisez du bio aussi pour les produits d'entretien et de toilette ? Où achetez-vous vos vêtements ?

    * Pour les produits d'entretien j'ai viré depuis longtemps toute la batterie de produits que les publicitaires nous incitent à acheter! Je retrouve les trucs de grand-mère. 2 produits naturels indispensables : le vinaigre d'alcool blanc et le bicarbonate de soude. Avec ça, on peut tout faire!
Mais comme j'aime aussi les trucs qui sentent bon et qui moussent, j'utilise des produits bio. J'en suis très satisfaite. Les avantages pour la planète sont les suivants : le produit doit être fortement dilué donc on en met peu, ils sont bio donc inoffensifs pour l'organisme (on peut par exemple éviter de rincer la vaisselle = gain d'eau), on utilise des éco-recharges donc on achète un bidon à vie que l'on va remplir par la suite. En tout et pour tout je dispose de liquide vaisselle, lessive, nettoyant multi-usage, désinfectant, vinaigre d'alcool, bicarbonate de soude.

    * Le premier truc que j'ai remplacé en devenant écolo ce sont les lingettes, l'essuie-tout et le papier toilette coloré. Serpillière, éponges, chiffons et papier toilette non blanchi au chlore les ont remplacés.

    * Pour l'hygiène nous n'utilisons pas de gels douches mais du savon, cela dure très longtemps, il y a moins d'emballages, ce n'est pas chimique... De la même façon, nous utilisons du shampoing en barre, c'est à dire sous forme solide
En règle général, nous n'achetons rien qui soit testé sur les animaux, qui contienne des dérivés de pétrole, ni qui vienne de l'autre bout du monde, même si c'est commerce équitable : le beurre de karité, le savon d'Alep, la papaye de je ne sais où, c'est bien mais s'il faut 8000 kilomètres d'avion pour les apporter dans ma salle de bains, très peu pour moi.

Etre écolo, ce n'est pas acheter un produit estampillé "bio" qui nous dispense de réfléchir. Pour moi, c'est d'abord choisir des produits qui sont à côté de chez moi. Essayer de retrouver comment les plantes, les espèces qui nous entourent, correspondent exactement à ce dont on a besoin sous nos latitudes...

    * J'utilise une mooncup pour mes règles (pas de tampons, ni serviettes), je ne prends pas de contraception mais je connais parfaitement mon cycle (je ne veux pas me polluer chimiquement avec une pilule) mais j'accepte l'idée d'une grossesse en cas de dérapage. Je ne suis plus sous pilule depuis 8 ans, mon dernier a 5 ans.

    * On n'utilise rien de jetable : cotons... mais des petits carrés de tissus coupés dans une serviette éponge et surfilés. Des lingettes lavables et réutilisables en sorte!

    * Les vêtements : JOKER!  Personne n'est parfait, je n'achète pas encore de vêtements bios (trop chers) et je sais que j'achète chinois ou indien. J'ai juste réussi à acheter BEAUCOUP moins qu'avant! Je n'ai pas fait d'achats depuis au moins un an. En fait, je pratique l'échange : je récupère beaucoup de copines et je donne aussi, ça permet de varier sa garde-robe sans dépenser un sou et sans imposer à la planète la création d'un nouveau vêtement. En plus on se fait des après-midi essayages-thé-papotages, c'est divin! J'achète aussi chez Emmaüs, en vide-greniers, surtout pour les enfants. Mes enfants sont intégralement habillés par les copines et les vide-greniers depuis leur naissance (8 et 5 ans), je n'achète que les chaussures, parfois les manteaux (mais c'est rare) et les sous-vêtements. Du coup, je peux me permettre de les payer plus cher et si je n'achète pas bio pour ces choses là, j'achète au moins français. En fait, je préfère bien souvent la qualité d'un vêtement à la quantité.

Quel moyen de transport utilisez-vous ? Est-ce que vous prenez l'avion ?

    * Pour aller travailler, j'utilise la voiture mais je covoiture avec 2 autres collègues, de sorte que je n'utilise ma voiture qu'une semaine et demi par mois alors que le collège où  j'enseigne se situe à 18 kms de chez moi, cela a réduit considérablement ma consommation d'essence et l'entretien du véhicule. On a dû faire des arrangements car nous n'avons pas tous les jours les mêmes horaires mais c'est une solution que l'on trouve très agréable. Pendant le trajet, on apprend à se connaître, on fait même des mini-réunions sur des projets du collège. J'espère obtenir un jour un poste dans le collège de ma ville, je vendrai alors ma voiture.

    * J'habite en centre ville. Pour mes trajets du quotidien je vais à pied, à vélo. Je marche beaucoup, mes enfants aussi, cela nous permet de faire du sport tout en préservant l'environnement. De plus, en marchant, on rencontre plus facilement les commerçants, des amis, nos voisins, bref on crée le lien qui disparaît dès que chacun est individuellement derrière son volant.
La voiture ne me sert qu'à aller travailler. Je fais mes courses au marché (au bout de ma rue) toutes les semaines. Je me déplace en train presque toujours pour aller visiter des amis, y compris pour me rendre à Angers, la grande ville la plus proche. Je prends le train comme d'autres prennent leur voiture. J'aime le train, c'est reposant, avec les enfants on peut jouer, lire, dessiner, je suis entièrement à leur disposition. Du coup le voyage est plus agréable pour eux aussi et je ne les entends pas me demander toutes les 5 minutes "quand est-ce qu'on arrive?" Avec une carte de réduction (enfant +), nous allons partout à peu de frais.

    * Oui, il m'arrive de prendre l'avion. J'aime voyager et si je prends le train le plus souvent, il y a des destinations qui ne me le permettent pas. Mais heureusement pour la planète j'ai une peur extrême de l'avion, je ne supporte pas plus de 2 heures de trajet, après je m'évanouis, je suffoque, bref.... Donc on ne sort jamais de l'Europe, ça minimise le bilan carbone, même si je n'en suis pas fière...


Bref, l'essentiel à retenir c'est que j'assume mes paradoxes, la SV ne m'invite pas à être parfaite ou ascète, arriérée, marginale ou anti-progressiste, elle me permet juste de dire "j'ai choisi de ..."
Il ne faut pas cesser, il faut juste réduire. Et ça fait toute la différence.

Récit de voyage en Ecosse

mardi 29 avril 2008         


Juste deux ou trois impressions qui ont leur place ici : d'abord, j'ai été étonnée de constater que sur TOUS les conditionnements de nourriture, on trouve des indications sur les allergies possibles à tel ou tel composant mais aussi une mention qui indique que l'aliment que vous avez entre les mains peut être consommé dans le cadre d'un régime végétarien ou vegan.

Il en va de même sur les cartes de restaurant : en bas de page, on trouve mentionnés les plats qui sont susceptibles de contenir des substances allergisantes. De plus, les établissements proposent un large choix de plats végétariens et/ou vegans. Entendez bien : je n'ai pas dit "une pauvre pizza fromage-poivrons" ou une "salade fanée avec tomates pas mûres importées d'Afrique du Sud", NON! De vrais plats végétariens, savoureux, cuisinés avec amour (on peut l'espérer!) et recherchés comme le sont les plats contenant viandes et poissons! Même au B..rger Ki..g!

C'est ainsi qu'un midi, à la gare de Glasgow, j'ai mangé mon premier Veggieburger, pas très convaincue au départ, je dois bien l'avouer... Mais lorsque j'ai goûté, je me suis dit que si  mon fast-food du coin cuisinait la même chose, je craquerais plus souvent "pour faire plaisir aux enfants"!!!

Je regrette qu'en France, le végétarisme apparaisse encore comme une sorte de caprice de jeune fille éthérée anorexique ou de sensiblerie mal contrôlée. On reconnaît comme légitime le droit de quelqu'un à ne pas manger certains aliments parce que sa religion le lui interdit mais on trouve ridicule, immature voire anti-patriotique (ah! la bonne production de viande française!) de refuser la viande et/ou le poisson par idéologie, choix politique, écologique ou par goût. Le "je ne mange pas de viande" nous classe immédiatement dans la catégorie des trouble-fêtes.

Pourtant, moi qui ne suis pas végétarienne mais qui mange très peu de viande, je reconnais être parfois désabusée devant une carte de restaurant lorsque je rêve (surtout le soir) d'un bon mijoté de légumes et que je ne vois s'aligner devant moi que des plats pour lesquels les dit-légumes ne sont qu'un accompagnement sommaire et réduit quand ce n'est pas la fatale "frite" qui s'affiche comme le seul choix possible!

D'autre part, j'ai été ravie de constater que dans les petits supermarchés où nous faisions les courses, les produits étaient pour la plupart locaux. comme nous avons beaucoup circulé dans le pays, nous avons pu manger à chaque fois les spécialités de la région : du poisson en passant par le beurre, le lait, les légumes ou les pâtisseries (petit faible pour les gôtô!)  tout  était fabriqué à moins de 100 kilomètres, de quoi laisser rêveur...

Et lorsque, en camping, je suis arrivé devant les poubelles avec mon balluchon à vider, je suis restée interdite, voyant qu'on y pratiquait aussi le tri sélectif! En 30 ans de camping, c'était la première fois que je disséquais mes ordures à 22 heures , à quatre pattes devant les bacs de différentes couleurs pour pratiquer le tri, comme à la maison!

J'ai apprécié aussi les deux robinets d'eau, l'un avec de l'eau potable, l'autre avec de l'eau recyclée pour la vaisselle, la lessive et consort.

Enfin, et cela indépendamment du pays que nous visitions, notre mode de vie pendant 10 jours m'a encore fait prendre conscience de mon gaspillage quotidien. Nous voyagions en camping-car, et outre le fameux soir, près d'Edimbourg, où nous avons dormi dans un camping, nous nous postions le soir là où le vent avait bien voulu nous pousser (au pied d'une montagne, au bord d'un loch, face à la mer et à son coucher de soleil...  bref, en général juste à gauche après le deuxième mouton)

120 litres d'eau non potable pour un semaine, sensés servir pour les douches et les vaisselles. D'office, on a exclu les douches. Une toilette du chat le soir, un brossage de dents sans trop de dentifrice pour éviter d'avoir à se rincer plusieurs fois, voilà de l'eau économisée. C'est fou comme finalement cela ne m'a manqué qu'au bout de 5 jours de ne pas pouvoir me laver sous la douche! Et comme mes cheveux ne s'en sont que mieux portés! (Quel délice, une fois arrivés dans ce camping!) Pour les vaisselles, très peu d'eau et obligation à table de nettoyer au maximum son assiette avec du pain! Depuis, on continue à la maison.
Enfin, puisqu'on devait utiliser de l'eau en bouteille pour les pâtes, à raison de 2 litres d'eau pour la cuisson, on a décidé de manger autre chose! Depuis, je réfléchis à la façon de faire cuire des pâtes sans trop d'eau...

Bref, pas une révolution en soi mais des petites réflexions qui viennent alimenter mon moulin (sans eau!)



Economies de bouts de chandelles : la note encourageante

vendredi 8 juin 2007

          Récemment, j'ai posté sur les économies d'eau en faisant un petit rappel de ce que nous faisons déjà à la maison et un prévisionnel de ce que nous espérons rapidement mettre en place.

Je voulais juste revenir sur l'un des trucs qui peut paraître relever de la radinerie ou de l'extrémisme : mettre un seau dans la douche pour y verser l'eau froide en attendant qu'elle chauffe. Je pense qu'il y a quelques années encore, j'aurais trouvé cela vraiment "too much" parce que j'aurais probablement craint le "qu'en dira-t-on" et, aussi, parce que j'aurais détesté l'idée de passer pour une pingre.

Pourtant, je me suis résolue à adopter cette solution simplissime et je suis contente de voir qu'aujourd'hui, nous économisons environ 10 litres d'eau par jour que nous réinjectons directement dans les toilettes, ce qui a diminué conséquemment le nombre de chasses d'eau. (nous n'avons pratiquement plus besoin de la tirer)

Non seulement nous économisons ces 10 litres d'eau journaliers puisque ceux-ci ne s'écoulent plus dans les égouts mais nous économisons aussi des litres inestimables en versant l'eau directement dans les toilettes après "nos petites affaires" car nous adaptons la quantité d'eau à verser en fonction des besoins (c'est le cas de le dire!!!) alors qu'une chasse d'eau (même à double commande, ce qui diminue déjà les dépenses) consommera forcément plus d'eau que nécessaire.

Admettons que nous économisions 20 litres d'eau par jour en tenant compte des deux calculs pré-cités, cela représente 7 300 litres par an!

C'est marrant comme, tout à coup, le côté inesthétique du seau se trimballant des toilettes à la douche, me paraît totalement hors de propos!

Economies d'eau

dimanche 15 avril 2007
         
          Un grand coucou à vous toutes et tous! Je reviens des profondeurs de moi-même où j'ai pris du temps pour analyser, comprendre, ronchonner, nettoyer, mettre à plat!

Aujourd'hui je voudrais témoigner sur les économies d'eau car je pense qu'il s'agit d'un problème écologique majeur.

Je crois en effet que l'homme est capable de s'adapter au changement climatique et qu'il saura reconstituer une société en accord avec ces grandes perturbations à venir, même s'il laissera beaucoup de ses congénères sur le bord de la route.

Je crois aussi que l'homme réapprendra à tricoter, cultiver, casser du bois le jour où le processus d'autonomie devra s'enclencher pour survivre.

Je crois aussi que l'homme pourra réinventer le commerce et repenser les échanges mondiaux quand ceux-ci seront limités par le manque de pétrole et les conséquences de la mondialisation des cultures.

Je crois que l'homme s'adaptera à un régime végétarien quand les terres ne pourront plus donner assez de blé pour le nourrir et qu'il comprendra alors que nourrir les animaux avec ce blé est encore plus stupide.

Je crois que l'homme repensera l'économie mondiale et le monde du travail lorsque le manque de ressources énergétiques l'obligera à aller au travail en vélo et à ne plus acheter à l'autre bout de la terre.

Je ne crois pas, en revanche, que l'homme pourra survivre à la pénurie d'eau qui nous attend. Parce que nous ne savons pas la fabriquer, parce qu'elle ne représente pas un luxe mais une nécessité sine.

C'est pourquoi, faire attention à l'eau dès aujourd'hui me paraît la mesure civique et écologique la plus urgente. Nous avons testé cette année quelques solutions qui ont permis d'économiser 50 mètres cubes d'eau soit 50 000 litres. Je vous les propose. Certaines sont compliquées à mettre en place parce qu'elles demandent un investissement financier, des travaux et supposent qu'on soit propriétaire. D'autres sont, en revanche, à la portée de tous.

Cette année, nous avons :

    * coupé le robinet lors du brossage des dents ou des mains. Le must étant d'utiliser un verre à dent pour le rinçage.
   
  * remplacé la baignoire existante par une douche et mené une politique drastique sur son utilisation. Nous avons ainsi limité la douche à 10 minutes, savonnage compris, moment pendant lequel nous coupons l'eau. (une douche de plus de 10 minutes avec l'eau qui coule en continue consomme autant qu'un bain c'est à dire environ 200 litres) Cette politique a été bien acceptée, y compris par l'adolescent de la maison!
   
  * remplacé les lavabos existants par des vasques en forme de bols, permettant ainsi d'utiliser moins d'eau pour le rasage ou le visage
   
  * lavé nos enfants deux fois par semaine et appris à leur faire faire le soir une « petite toilette » au gant et au lavabo (visage, fesses, pieds)

    * pris nous-mêmes une douche un jour sur deux (pour l'instant aucune plainte des voisins et pas d'escortes de mouches)

    * proposé à chacun de garder ses vêtements tant qu'il n'y a pas de tâche énorme ou d'odeur de sueur pour éviter la politique du vêtement porté = vêtement lavé ce qui a considérablement réduit les machines

    * équipé TOUS les robinets de la maison de réducteurs de débit et équipé les douches de robinets thermostatiques pour éviter de faire couler l'eau en attendant de trouver la bonne température

    * équipé nos toilettes de chasse-d'eau à double commande

Ce que nous prévoyons de faire bientôt :

    * mettre un seau dans la douche pour récupérer l'eau qui coule en attendant l'eau chaude et la mettre dans la chasse d'eau des toilettes. (peut-être récupérer l'eau de la douche elle-même, à voir)

    * acheter un récupérateur d'eau pour arroser le jardin en construction et y verser l'eau du sèche-linge l'hiver, à court terme

    * à long terme, installer une cuve enterrée de 4 000 litres pour récupérer l'eau de pluie et la réinjecter dans la maison : l'utiliser pour les toilettes, le lave-linge, l'arrosage du jardin dans un premier temps, l'utiliser peut-être plus tard pour l'eau de douche en modifiant quelques tuyaux. Cette perspective nous réjouit car elle permet à une famille de 4 personnes de vivre en quasi-autonomie et le retour sur investissement est inférieur à 10 ans. A ce sujet, consulter l'excellent article sur idées maison. Com

Je suis sûre qu'il existe encore des tas d'idées que nous n'avons pas explorées, peut-être en avez-vous d'ailleurs, non?


Comment s'acheter une conscience grâce à l'écologie?

mardi 22 août 2006
         
          Parce que le discours écolo commence à porter ses fruits, parce qu'il semble que l'avenir de notre planète intéresse suffisamment de gens pour que lui soit consacré un ministère, parce que les jeunes parents sont soucieux de l'avenir de leurs enfants, parce qu'enfin les publicitaires et marketeurs de tout poil y voient une niche commerciale alléchante, nous somme entourés de messages et d'actions à caractère écolo.

Sous couvert de protéger l'environnement, bon nombre de firmes font des choux gras de notre intérêt pour l'écologie. Ainsi, plutôt que de proposer à ses clients des sacs bio-dégradables, les grandes surfaces préfèrent vendre des sacs recyclables. Outre le fait qu'elles s'enrichissent sur le dos des consommateurs et qu'elles savent, comme d'habitude tirer leur épingle du jeu, je doute que la formule ait un effet réel sur la diminution de la pollution :

d'abord parce que les étourdis qui ont oublié chez eux les fameux sacs se voient obliger d'en racheter, augmentant ainsi la fabrication de sacs plastiques, ensuite parce que rares sont ceux qui pensent ou ont le temps de ramener les sacs usagés pour se les faire rembourser 10 centimes pièce…

D'autre part, ceux qui avant, utilisaient les sacs plastiques comme sacs poubelles doivent aujourd'hui acheter ces derniers, déplaçant simplement le problème de la pollution. Les pollueurs riches, quant à eux, ne se soucieront pas plus de jeter dans la nature un sac plastique à 15 cents qu'un sac gratuit…

Je ne dis pas que la volonté de diminuer la distribution de sacs plastiques aux caisses n'a pas un impact mais je pense qu'il n'est pas aussi important que l'on veut bien le démontrer et je pense surtout que les grandes surfaces sont bien contentes d'avoir trouvé un nouveau filon pour s'en mettre plein les poches sous des allures de générosité pour les générations à venir. Si elles avaient vraiment souhaité réfléchir à un concept écologique et non à un concept financier ; elles auraient travaillé sur :

  •         les rayons frais, en remplaçant tous ces congélateurs et frigos ouverts par leurs équivalents fermés, diminuant ainsi la consommation d'énergie par deux ! (le problème c'est que c'est surtout leur chiffre d'affaires qui diminue..)

  •         les multi-conditionnements entre le moment où l'article quitte la fabrique et arrive dans les rayons : chaque jour, rien que pour les fruits et légumes, ce sont plusieurs tonnes de cartons qui sont jetées à la poubelle

  •         des fruits et légumes de la région, cueillis à maturité, et de saison. Je ne suis pas contre la grande surface en tant que grand marché, je suis contre l'esprit de gâchis

  •         les réductions de prix sur des produits de qualité plutôt que d'inventer leur marque discount dont il vaut mieux ne pas lire les étiquettes de composition

  •         et bien d'autres choses encore…

On pourra alors constater qu'il y a, au sein de la toile biologique les mêmes manipulations du consommateur, juste par souci du profit. Ainsi, la responsable de la biocoop, auprès de qui je m'étonnais de voir des frigos ouverts, m'affirma que son chiffre d'affaires baisserait de 20% si elle les fermait.

De même, alors que je m'étonnais de voir des tomates au mois de mars sur l'étal du maraîcher bio, celui-ci m'informa qu'elles venaient d'Israël. Devant ma grimace, il s'empressa de dire : « Mais elles sont BIO ! »

Je m'en fous. Elles peuvent être plus bios que bio, je n'achèterai pas de tomates au mois de mars. Point barre. Je ne mange pas bio par snobisme, par unique souci pour ma santé ou pour m'acheter une conscience, je mange bio par respect pour la terre et par combat politique. Si mes tomates bio ont dû parcourir 3000 kms et dépensé des milliers de litre de pétrole avant d'arriver dans mon assiette, elles sont tout aussi polluées que les autres.

Ainsi je ne supporte pas de voir à la biocoop des denrées venant de loin lorsque je sais qu'un producteur de ces produits habite pas loin de chez moi.

Une chose qui m'énerve particulièrement sont tous les produits de beauté dont on nous vente les bienfaits pour le corps et pour la nature. Prétextant n'utiliser que des produits naturels, on nous persuade que ces produits sont écologiques, même s'ils n'en portent pas le label. Peut-être un peu moins chimiques que les autres mais tout aussi destructeurs : je pense au déodorant à base de papaye du Brésil, de crème à l'aloé vera d'Amazonie ou à d'autres substances récoltées dans le monde entier. Pourquoi ne pas plutôt utiliser des crèmes faites avec des produits de chez nous ? Je pense à la marque CAUDALIE qui utilise le raisin de nos régions ou à la marque LUSH qui utilise des fruits et des légumes, pourquoi ne pas utiliser les plantes qui vivent chez nous et dont les bienfaits sont démontrés plutôt que d'aller bousiller la forêt amazonienne, le poumon vert de la planète, à la recherche de la substance BIO qui fait des miracles ?

Le bio, ce n'est pas une question de label, c'est une question de mode de vie. Une idée reçue sur le bio consiste à dire que « c'est un sport de riche ».  C'est vrai si l'achat des produits bio se fait juste par snobisme. C'est faux si c'est tout un état d'esprit bio qui se met en place chez nous.

Etre bio par snobisme consiste à : (exemples tirés de la réalité de voisinage)

  •         ne manger que des produits achetés à la biocoop ou chez le maraîcher bio mais conserver une vieille chaudière électrique hors-normes dont on se soucie peu de la consommation puisque Chéri travaille à EDF

  •         acheter des produits de beauté bio à base de fleurs ou de plantes arrachées à des pays lointains et visiter ces mêmes pays en prenant chaque jour, dans des grands hôtels, des bains équivalents à ce qu'il faut pour arroser ces mêmes fleurs et plantes pendant un mois

  •         utiliser des couches bio pour des enfants et se ruiner en jouets en plastique Made in China pour Noël (ou les emmener au Mac Do et leur offrir le jouet crétin fabriqué par des enfants, qui, eux, doivent économiser sur leur salaire pour pouvoir l'acheter à Mac Do…)

  •         acheter des fringues en coton bio parce que c'est fun mais changer de garde-robe tous les mois parce que « ce que je préfère dans la vie, c'est consommer ! »

  •         prendre deux ou trois tablettes de chocolat équitable à la grande surface et ne pas soutenir l'économie locale en n'achetant que des produits importés…

  •         cotiser à Greenpeace et ne pas regarder comment on remplit son caddie (entre les produits exclusivement des grands groupes et les goûters en pochettes individuelles, glisser deux ou trois produits ménagers différents, rien que pour la lessive quotidienne) ou ne pas remarquer qu'on laisse couler l'eau à gros bouillons pour laver une tasse ou les mains d'un enfant

  •         verser chaque année 500 euros aux associations caritatives et investir dans des appartements minuscules dans des régions qui rapportent (genre Paris) pour y entasser des cas sociaux, défiscalisation oblige

etc…etc…

Je suis loin d'être une écolo qui peut donner des leçons aux autres, je suis encore trop souvent engluée dans mes paradoxes, mes doutes, mes impossibilités. J'ai encore acheté un livre cette semaine alors que j'aurais pu l'emprunter à la bibliothèque, j'ai encore fait mes courses à Leclerc cette semaine, j'ai récemment eu trop souvent recours à ma voiture pour des trajets que j'aurais pu faire en vélo et j'ai claqué de l'argent chez IKEA dans des objets faits en Thaïlande, je ne suis pas parfaite.

Mais en aucun je ne porte une bannière BIO en bandoulière comme une immunité qui m'achèterait une conscience. Ce n'est pas parce que j'ai mangé bio cette semaine que j'ai le droit de me reposer sur mes lauriers et d'arrêter mon travail de décroissance et de réflexion.

Le respect de la Nature et d'Autrui, ça ne se trouve sous aucun label et sur aucun étal. On n'achète pas sa conscience et sa grandeur d'âme.

Pour moi, le bio est un état d'esprit, une sorte de philosophie du Zen et du respect de toute vie et de toute chose sur Terre, un vrai pas vers la liberté intérieure et l'autonomie. Ce bio là, qui ne demande pas de besoins financiers particuliers c'est :

  •         consommer local (pas plus loin que nos frontières de préférence) le plus possible. Et un maximum de choses : la nourriture mais aussi les boissons, les jouets, les vêtements, les meubles, la déco, le sport, les spectacles…

  •         réduire sa consommation de tout : énergie, eau, drogues, matériel, nourriture (surtout viande), plaisirs éphémères payants (restos, spectacles…)

  •         être le plus possible autonome : tricoter, faire sa nourriture, fabriquer des meubles et des jouets, récupérer l'énergie pour se la redistribuer, coudre…

  •         se libérer de l'esclavage de l'argent et du travail : dépenser moins (cf. les articles sur la Simplicité Volontaire) donc avoir moins besoin d'argent donc travailler moins pour un jour enrayer cette course folle vers toujours plus d'échanges commerciaux et de consommation.


Ecologie : par où commencer ?

jeudi 6 avril 2006

          Je me souviens de l'époque où la question de l'écologie m'intéressait mais était encore difficile à aborder au quotidien. Je visitais beaucoup de sites écolos, lisais de nombreux livres et me sentais très loin de tout ce que je lisais.

Je me sentais tellement nulle, en retard, superficielle par rapport à ces gens si engagés, si vrais, si sains, que souvent je refermais le livre, j'éteignais l'ordinateur, découragée par tant de réalisations à mettre en oeuvre. Je ne pouvais pas changer de vie. Comment aurais-je pu, moi qui était engluée dans tant de mauvaises habitudes et dans ce que je croyais encore alors être des besoins ?

J'ai ouvert un blog, à l'origine, pour témoigner de mon avancée, de mes réflexions et de mes progrès pratiques, pour questionner sans cesse des habitudes trop vite prises, pour discuter avec d'autres penseurs et pour aider (pourquoi pas?) d'autres néophytes à pousser des portes et à emprunter des chemins dans ce vaste domaine qu'est l'écologie.

Mais aujourd'hui, j'ai peur que les lecteurs m'imaginent très "avancée" sur les questions d'écologie et de simplicité. Je reçois parfois des mails de visiteurs qui se disent "loin derrière moi" et j'en suis chagrinée parce qu'il n'y a pas d'ordre à retenir.

Il est évident que je suis plus loin sur mon chemin qu'il y a 6 mois mais je n'oublie pas que toutes les mains sur le bas-côté de la route sont à saisir pour que nous avancions ensemble vers un but que nous choisissons. Je n'oublie pas non plus que les articles publiés ici ne se veulent jamais emprunts de jugements.

Je me rappelle chaque jour que j'ai été moi-même (et je le suis encore par plein d'aspects) trahie par la société de consommation. J'ai juste un jour eu envie de dire non! Mais je sais à quel point c'est difficile.

Alors si je devais répondre à ces lecteurs qui se demandent par où commencer, je pourrais peut-être proposer des choses pratiques à mettre en place facilement (enfin je crois)

1/ Dans la maison :

  • remplacer les ampoules classiques par des ampoules à économie d'énergie

  • favoriser la lumière naturelle (on peut enlever les double-rideaux qui cachent une partie de la luminosité et on évite d'allumer dès 17h parce que ça fait une ambiance plus "cosy")

  • remplacer les piles par des piles rechargeables (investissement dans un chargeur de piles : 14 euros)

  • puis remplacer les trucs à piles par leur équivalent manuel (le pèse-personne par exemple. Avez-vous vraiment besoin de savoir votre poids au gramme près?)

  • faire le tri dans les appareils électriques et voir si on ne peut pas trouver son équivalent manuel (un radio-réveil, une friteuse, une cafetière, une bouilloire)

  • baisser de 10° la température de lavage en machine

  • n'utiliser le sèche-linge que pour les grosses pièces (housses de couette) ou les vêtements épais (jeans, velours) qui mettent du temps à sécher. Stopper l'utilisation du sèche-linge dès les beaux-jours

  • trier ses déchets

  • économiser le papier

  • mettre une brique ou une bouteille dans sa chasse d'eau

  • coller un "stop-pubs" sur sa boîte aux lettres

  • baisser d'un degré son chauffage

  • couper le gaz avant la fin de la cuisson (les aliments cuisent encore quelques minutes dans les poêles ou cocottes)

  • réduire les produits d'entretien, essayer de se limiter à quelques produits

2/ Dans son frigo

  • acheter un peu moins de plats préparés

  • acheter en plus grande quantité (un paquet de 1kg de pâtes plutôt que 2 paquets de 500g), limiter les produits individuels ou les emballages multiples pour réduire les contenants (comme les gâteaux réemballés en sachets pockets)

  • remplacer les produits blanchis (sucre, féculents, pains) par leurs équivalents complets

  • limiter les produits transformés

  • réduire sa consommation de viande et de poisson

  • boire de l'eau du robinet

3/ A l'extérieur

  • utiliser plus souvent ses jambes et son vélo

  • proposer le co-voiturage aux copains pour une soirée ou un trajet régulier

Et surtout se souvenir qu'il faut aller lentement, ne faire que les choses qui ne nous paraissent pas insurmontables, s'accorder le droit de revenir en arrière, de ne pas pouvoir tout faire.

Aller lentement mais pour longtemps.

Etre fier de tout ce que l'on a déjà parcouru.

Rester humble devant le chemin qu'il reste à faire.


Lait et autres vacheries

Laurence lundi 3 avril 2006

          Je tente désespérément de soigner mon psoriasis depuis 15 ans. Après avoir à peu près tout essayé (des médicaments chimiques aux plantes en passant par la thérapie et l'hypnose) j'ai décidé d'aller voir un magnétiseur dont on me disait beaucoup de bien.

J'étais à peu près sûre qu'il me demanderait d'arrêter de consommer du lait. J'avais savouré mon bol de chocolat ce matin-là en me disant que ce serait sûrement le dernier. Il me le confirma le soir même. Il m'assura qu'arrêter les produits laitiers était si important qu'il refuserait tout simplement de me soigner si je ne commençais pas par là.

Depuis que je m'intéresse aux médecines douces, j'ai toujours entendu les homéopathes, les osthéopathes, les acupuncteurs, les kinésiologues, les éthiopathes... dire que les produits laitiers sont un poison pour le corps. Inversement j'ai toujours entendu les médecins allopathes dire que le lait est un aliment indispensable pour être en bonne santé. Lorsque je vois les ravages que peut faire la médecine allopathique en détraquant les fonctions naturelles du corps à grand coup de pilules chimiques et d'antibiotiques, je me méfie de plus en plus du discours des médecins allopathes et je fais de plus en plus confiance aux discours des praticiens de médecines douces.

Pourtant, je n'ai pas encore réussi à trouver d'éléments imparables, scientifiquement prouvés, de diagnostics clairement établis en défaveur du lait et de ses dérivés. Je n'ai pas non plus trouvé d'éléments fiables sur les bienfaits du lait.

En effet, il est difficile de prouver que le lait est mauvais pour la santé car les effets ne sont pas foudroyants. Personne ne meurt d'un cancer du lait, personne n'a un rhume de lait, ni une grippe laitière... Il semblerait que la protéine de lait de vache (car c'est seulement de celle-ci qu'on parle) ne soit pas assimilable par l'organisme dès que celui-ci a terminé sa croissance, c'est à dire après 18/20 ans. De fait, l'organisme va produire une sorte de poison pour se défendre contre cette protéine. Poison qui n'est évidemment pas mortel mais qui peut intervenir comme facteur aggravant voire déclenchant de centaines de maladies.

Il est bien difficile de trouver une information juste dans un pays gouverné par les gros groupes industriels qui n'ont aucun intérêt à nous voir réfléchir par nous-mêmes et à décider comme des grands de ce dont on veut se nourrir. Que deviendrait la gigantesque industrie du lait et des produits laitiers si, demain, il était officiellement reconnu que cet aliment est nocif pour la santé? Que ferait-on des millions de vaches laitières? Que dirait-on aux milliers d'agriculteurs concernés?

Tant que des laboratoires pharmaceutiques nous prendront pour des cobayes vivants et tant que la mafia de l'agriculture nous prendra pour des suiveurs sans cervelle, nous ne connaîtrons jamais la vérité sur ce que nous consommons.

C'est pourquoi j'ai décidé de voir par moi-même si le lait de vache et ses dérivés sont effectivement une vacherie. J'aime d'autant plus l'idée, qu'après avoir décidé de ne plus consommer de boeuf pour des raisons éthiques, je trouve qu'il est logique de me retourner contre une production laitière outrancière, qui méprise les bêtes et pollue la planète.

N'étant pas une pro du végétalisme, je remplace pour l'instant les produits laitiers par des produits à base de soja, d'amandes et de riz. Les puristes m'en voudront peut-être de me rabattre sur des marques comme Bjorg (le grand paradoxe : l'industrie du bio) mais je n'en suis qu'au stade des essais. Viendront en leur temps les problèmes d'éthique et d'écologie.

Voici comment j'ai remplacé les produits laitiers à base de lait de vache :

  • le lait par de la boisson aux amandes (dans les crêpes), du lait de riz ou du lait de soja (pour faire les yaourts)

  • le yaourt qui me sert à faire mes yaourt maisons par un yaourt au soja ou un yaourt caillé au lait de brebis (absolument divin!! et bien plus léger que le yaourt traditionnel)

  • la crème fraîche épaisse par du "sojasun cuisine" trouvé au rayon frais de la grande surface

  • la crème fraîche liquide (pratique dans les gâteaux et les quiches) par de la crème de soja

  • les différents fromages par du fromage de chèvre et de brebis

Je tente l'expérience sur un trimestre, cela devrait laisser le temps à mon corps de se désintoxiquer si le lait de vache est bien une cause de mon problème.

Les yaourts de ce matin, faits avec du lait de soja et un yaourt de brebis, étaient tellement bons, que le reste de la petite famille est partant pour l'expérience. On verra ainsi si on arrive à se débarrasser de mes problèmes ORL permanents (rhumes et angines), des gastros du grand, des migraines de mon mari, de l'asthme du petit, de la peur du noir de la petite (lol!)

Je n'ai pas encore lu ce livre mais il me semble que L'alimentation ou la troisième médecine s'avère être une référence en matière de responsabilité alimentaire... A lire!

Pour aller plus loin : un site très intéressant et qui donne tout de suite envie d'arrêter les produits laitiers. C'est d'une grande EVIDENCE ! Enfin des arguments à donner à ceux qui vous regardent de travers avec votre lait de soja! http://www.vegetarismus.ch/info/fb03.htm

Grands singes et huile de palme

mercredi 22 mars 2006

          L'Indonésie, la Malaisie et leurs voisins fabriquent et exportent en quantité massive l'huile de palme, que l'on retrouve dans un nombre important de cosmétiques et de denrées alimentaires.

Chaque année, les autochtones déforestent  plusieurs millions d'hectares au profit de leur culture. Les bulldozers et les rouleaux compresseurs entrent avec une telle force et une telle frénésie dans le milieu naturel qu'il leur arrive d'écraser des animaux qui n'ont pas le temps de se sauver devant les machines.

En détruisant l'habitat naturel des grands singes, ceux-ci sont contraints à fuir vers des milieux qui leur sont parfois hostiles, ils sont acculés à prendre de plus en plus de risques pour survivre, comme par exemple se rapprocher de l'habitat des hommes et par là-même, de celui des braconniers. Certains meurent tout simplement parce qu'ils n'arrivent pas à se réadapter à un autre milieu.

Les produits bios contiennent pour beaucoup de l'huile de palme. Ainsi, en croyant consommer des produits respectueux de l'environnement, on peut parfois mettre en danger une espèce. Ce qui montre qu'il ne faut rien prendre pour argent comptant et rester le plus possible maître de ses achats. Idéaliser le bio est aussi stupide qu'idéaliser l'agriculture traditionnelle. Restons ouverts et attentifs.

Vous pouvez désormais vous penchez un peu plus sur les étiquettes des ingrédients et boycottez les produits qui contiennent de l'huile de palme car d'ici 5 à 10 ans, c'est à dire demain, il n'y aura probablement plus de grands singes à l'état sauvage.

Le ménage dans nos cuisines et nos salles de bains sera difficile parce que parfois on ne connaît pas la composition des produits (je pense au savon de Marseille). Lisez, renseignez-vous, allez toujours plus loin dans ce que vous savez de ce que vous utilisez.

Difficile mais indispensable.

Pour aller plus loin :

http://http://www.amisdelaterre.org/rubrique.php3?id_rubrique=362

http://http://raffa.over-blog.com/article-994926-6.html

Du ménage dans le ménage!

mercredi 8 mars 2006

          Lorsque ma mère me donnait ses recettes de grand-mère en matière d'entretien de la maison, je la trouvais souvent barbante.

C'est vrai, après tout, pourquoi utiliser des trucs ringards lorsqu'il existe des produits ménagers hautement technologiques, qui sentent super bon et qui nous promettent des résultats étonnants sans avoir besoin de frotter (et tout le monde sait que moins on en fait mieux on se porte!)

Eh bien, les voici ces raisons :

  • parce que c'est moins cher. Tous les produits ménagers qui envahissent nos placards peuvent être aisément remplacés par quelques produits de base (vinaigre blanc, cire, blanc de Meudon) qui, combinés, sont utilisables pour toute la maison. Sacrées économies en perspective!

  • parce que c'est plus écologique. Moins de produits = moins de contenants en plastique. Moins de produits =  moins de pollution de votre lieu de vie. Regardez un peu la contenance de votre produit à vitres (utiliser le lien Le Flacon pour comprendre les composants) et réfléchissez à ce que vous faites respirer à vos enfants à longueur de journée

  • parce que c'est agréable de faire un pied de nez à Procter et Gamble et de se sentir libérée du marketing

  • parce que les recettes de grand-mère sont bigrement efficaces!!! j'en ai pour preuve les vitres que je fais avec un gros bouchon de journal imbibé d'eau et de vinaigre blanc. Impeccable! Aucune trace, (ce qui je ne réussissais jamais à faire avec les produits traditionnels) et une efficacité qui dure puisqu'un coup de chiffon suffit quand la vitre fait l'objet d'assaut de petits doigts pleins de bave!

Je vous conseille la lecture du livre "Recettes de grand-mère" aux éditions Marabout. Une vraie mine d'or pour TOUS les problèmes ménagers de la maison! Depuis mes découvertes en matière de ménage, j'ai donné un sac poubelle 20 l, rempli de produits soit-disant indispensables et j'ai gagné une belle étagère à la cave, où ranger mes conserves!!!

Commerce équitable : rectificatif

lundi 13 février 2006

          Il y a quelques temps, j'ai fait un article sur les jouets où je disais ma volonté de ne plus acheter de jouets provenant notamment des pays d'Asie où les conditions de travail sont souvent déplorables.

Je reste frappée par ce slogan en faveur du commerce équitable : " tu mangeras quand tu seras compétitif "

Cependant, j'ai mené l'enquête un peu plus loin sur cette notion de commerce équitable. Travaillant à temps partiel dans un magasin de jouets en bois, je fais attention à ce que je conseille à mes clients et j'ai été récemment très embêtée de constater qu'une de mes marques préférées de jouets bois les fabriquaient en Thaïlande.

Moi qui pensais, en achetant et en proposant ces jouets bois, lutter ainsi contre l'invasion du plastique, contre la pollution, je me mettais de fait, dans le camp des délocalisateurs et autres grands profiteurs de la main d'oeuvre bon marché.

Déçue, fâchée, abattue, me demandant s'il existait vraiment une solution à tout cela...

Jusqu'à ce que je lise plus avant une plaquette et des fiches techniques sur ces produits. Tout d'abord j'appris que le bois utilisé était de l'hévéa qui ne produisait plus de latex. Celui-ci étant d'ordinaire transformé en charbon (ce qui pollue beaucoup) est recyclé en jouets par cette entreprise. Ensuite, je lus qu'elle était certifiée ISO ... ce qui assure qu'elle n'emploie aucun enfant à aucun stade de la production ou de la commercialisation, qu'elle rémunère correctement ses salariés et qu'elle leur assure des conditions de travail décentes en terme d'horaires et de santé publique.

En achetant ces jouets, je contribue finalement à sauver des arbres qui iraient au rebut et à nourrir des milliers de familles pendant plusieurs années.

C'est ainsi que j'ai compris le sens du mot solidaire et équitable : il ne s'agit pas de refuser d'acheter des produits venant d'Asie car c'est leur fermer le marché mondial et les empêcher de nourrir les leurs. Il faut par contre veiller à ce que les marques que l'on achète soient dans le respect TOTAL des conditions d'équité.

Acheter équitable c'est s'assurer qu'une famille pourra se nourrir et se vêtir grâce à mon achat.

Ce n'est pas : acheter français ou européen car cela reviendrait à pratiquer une sorte de racisme commercial.




L'eau à prix d'or

mardi 7 février 2006

          Extrait d'un article du Courrier de l'Ouest du samedi 4 février 2006, page 27.

" Boire de l'eau du robinet devrait couler de source.

(...) L'eau minérale en bouteille dont la consommation mondiale a presque doublé (...) par rapport à 1999, est une ressource naturelle qui au final coûte très cher à l'environnement. "Alors que l'eau minérale en bouteille n'est souvent pas plus saine que l'eau du robinet dans les pays industrialisés, elle peut coûter jusqu'à 10 000 fois plus cher si l'on tient compte de l'énergie utilisée pour la mise en bouteille, les livraisons et l'éventuel recyclage des contenants", avertit l'auteur d'une étude sur l'eau publiée par un institut américain.

"A environ 2,50 dollars le litre, l'eau en bouteille coûte finalement plus cher que l'essence" ajoute ce rapport.

(...) L'engouement pour l'eau en bouteille a gagné les pays en développement entre 1999 et 2004 avec un triplement de la consommation en Inde et un doublement en Chine, notamment. Cers progressions colossales de la consommation d'eau en bouteille ont entrainé des coûts non moins colossaux pour la fabrication des bouteilles, le plus souvent en plastique, puis pour leur acheminement, par bateau, train ou camion.

A l'inverse, l'eau du robinet est fournie par un système de distribution bien plus écologique et à moindre frais. Et s'il suffit de fermer le robinet après consommation, la bouteille d'eau vide, elle, finit la plupart du temps dans une décharge. Les bouteilles en polyéthylène téréphtalate (PET) sont produits à partir d'un dérivé du pétrole brut. Pour les Etats-Unis, cela représente (...) de quoi faire rouler 100 000 voitures pendant un an.

(...)

Se pose ensuite la question des déchets. L'étude montre que 86% des bouteilles d'eau utilisées aux Etats-Unis finissent à la poubelle. Or l'incinération produit des émanations toxiques et des cendres contenant des métaux lourds et la mise en décharge des bouteilles leur "offre" une survie de jusqu'à 1 000 ans avant la biodégradation totale. Pire, 40 % des bouteilles en PET collectées pour le recyclage aux Etats-Unis en 2004 ont en fait été acheminées parfois fort loin, comme en Chine, augmentant encore la facture pour l'environnement.

La production à grande échelle d'eau en bouteille a aussi conduit paradoxalement à des pénuries d'eau potable. C'est le cas de l'Inde où 50 villages ont vu leur nappe phréatique se réduire considérablement alors que Coca-Cola y puisait allègrement pour produire son eau Dasani ensuite exportée.

Car l'eau en bouteille est, dans 40 % des cas, de l'eau du robinet à laquelle ont été rajoutés des minéraux, pas toujours au bénéfice de la santé des consommateurs. L'étude rappelle les recommandations du Sénat français de changer souvent d'eau minérale pour éviter d'absorber de trop grandes quantités de mêmes minéraux."

Végétarisme, suite et suite

jeudi 2 février 2006

        Je n'ai jamais aimé le goût de la viande, la façon de la cuisiner ne m'a jamais intéressée. Lorsque j'achète de la viande (peu), c'est mon mari qui la cuisine. Pourtant je ne suis pas végétarienne. Je me force à manger mon steak dominical et ma cuisse de poulet hebdomadaire car depuis mon plus jeune âge, je suis carencée en fer et je crois le discours des médecins qui m'indiquent que je ne peux trouver dans aucun légume ce fer si spécial contenu dans la viande et que mon corps ne sait pas fabriquer. Soit.

Jusque là, j'entends jusqu'à ce que mon regard se tourne vers cette philosophie fabuleuse qu'est la simplicité volontaire, je n'avais jamais été complètement convaincue par les arguments de ma belle soeur végétarienne :

  • la souffrance des animaux  : Mouais. C'est vrai pour les animaux en batterie qui sont maltraités, malnutris , moins vrai pour ceux vivant en plein air. C'est vrai pour les animaux élevés par milliers dans des "usines à bouffe", moins vrai pour votre éleveur du coin, qui vend sa volaille ou ses lapins sur le marché du samedi matin.

  • ce n'est pas juste de manger des êtres vivants : Bof. Je considère l'homme comme omnivore et je ne suis pas choquée par le fait qu'il mange de la viande. Ce qui me choque, en revanche, c'est qu'il en tue toujours plus que ce qui est réellement consommé et qu'il mange à l'excès jusqu'à avoir des problèmes de santé (maladies cardio-vasculaires par exemple)

Ces arguments, touchants bien sûr, et réalistes n'avaient pourtant pas de prise sur moi. En revanche, les arguments écologiques et anti-mondialistes que j'ai lus dernièrement me font beaucoup plus réfléchir. Selon l'excellent livre de Dominique Glocheux, sauver cette planète, la consommation de viande est un véritable crime contre l'humanité. Manger de la viande engendre ailleurs la famine. Pourquoi?

  • sur le seul continent européen, 40 % de la production céréalière est destinée au bétail. Presque la moitié de ce qui pourrait être consommé par l'homme est mangé par de grosses vaches!!!! Vous imaginez combien d'êtres humains on pourrait nourrir avec ces 40 % de céréales? Quand vous pensez au fait, qu'en ce moment même, pendant que vous lisez ces lignes, 815 millions de personnes souffrent de la faim, il y a quand même de quoi se poser de grosses questions. Dites vous que lorsque vous aurez fini de lire mon article, 36 personnes seront mortes de faim.

  • de même, 45 % de l'eau potable est consommée par le bétail. De quoi abreuver les presque 50 % de la planète qui n'ont pas accès à l'eau potable. Il faut 10 000 litres d'eau pour produire 1 kg de boeuf.

  • sur 20 hectares de terre, on peut produire suffisamment de boeuf pour nourrir 10 personnes et suffisamment de céréales pour en nourrir 120.

  • il semble que le boeuf soit la viande la plus gourmande en céréales et en eau. Le porc demande presque 2 fois moins de ces ressources et le poulet 3 fois moins.

Ces arguments là, qui ne sont pas des arguments de sensiblerie, me marquent davantage. Autant le fait qu'on tue de "pov petits animaux" ne me mettait pas particulièrement mal à l'aise, autant celui de tuer quasiment 50 % des habitants de la planète m'est tout à fait intolérable.

Les représentants africains le disent : il y a une solution à la faim dans le monde. Elle passe par une meilleure répartition mondiale de la culture céréalière!

Gandhi disait en substance (je n'ai plus en tête la citation exacte) : "Le monde contient assez de ressources pour les besoins de tous mais pas assez pour la cupidité de chacun"

Selon Dominique Glocheux, "Si chaque européen diminuait de seulement 7 % sa consommation de viande, l'économie en céréales (...) permettrait de nourrir les 50 millions de personnes qui meurent de faim chaque année dans le monde."

Depuis longtemps, je ne mange de la viande qu'une fois par semaine. Depuis longtemps, ma famille se contente parfaitement des repas végétariens que je lui prépare le soir en semaine. (je laisse le loisir à chacun de manger de la viande à la cantine ou sur son lieu de travail) Depuis quelques bons mois, je mange des steaks de soja le midi, seule ou avec mes enfants qui en apprécient beaucoup le goût.

A partir de maintenant, je m'engage à ne plus consommer de boeuf. Il y a de fortes chances que cet engagement soit suivi d'autres comme celui de ne plus consommer de poulet, de porc, de lapin, de poisson.

Je ne suis pas végétarienne, je suis juste en guerre contre cette société de luxe, où le plaisir personnel passe avant la plus élémentaire des choses : le droit pour chacun de vivre.

Si vous avez 4 secondes, visitez ce site. http://terresacree.org/faim.htm

4 secondes, c'est le temps qu'il faut pour qu'une personne meurt de faim dans le monde.

Sodium Laureth Sulfate

vendredi 13 janvier 2006

          Depuis quelques temps, je me demande vraiment ce que contiennent mes produits de beauté, je veux dire que je m'interroge sur les conséquences de ces produits chimiques ou non.

Je suis psoriasitique et je me rends compte à mon grand regret que la plupart des produits que j'utilise sont bourrés de composants allergènes. En fait, il ne contiennent quasiment que cela. Un de ceux que l'on retrouve à 99% dans les produits qui trônent dans la salle de bains, c'est le Sodium Laureth Sulfate.

Après petite enquête, je comprends beaucoup mieux pourquoi je ne viens pas à bout de mon psoriasis depuis 15 ans. Chaque jour, j'applique ça :

"Détergent synthétique employé dans beaucoup de produits d'hygiène corporelle. Ne provient pas de l'huile de palme ou de coco mais du trioxyde sulfurique et de l'acide chlorosulfurique. Responsable de réactions allergiques et irritantes. Très desséchant pour la peau et les cheveux. A éviter."

(source : http://www.biorespect.com/lesnews.asp?ID=5&NEWSID=60)

Sauvons au moins un arbre par an!

mercredi 11 janvier 2006

          Selon GreenPeace, un adulte consomme 5 arbres adultes par an rien qu'en utilisant du papier.

Selon l'ADEME (http://www.ademe.fr/stoppub/default.htm) 40 kg de publicité papier se déverse chaque année dans nos boîtes aux lettres.

Parce qu'il faut produire ces publicités, parce qu'il faut ensuite les recycler et que toutes ces démarches consomment de l'énergie et détruise des arbres, j'ai récemment apposé sur ma boîte aux lettres ce petit mot :

"Par respect pour l'environnement, merci de ne pas déposer de publicités ou de journaux gratuits dans cette boîte"

Ce petit geste sauvera 1 arbre adulte par an!

Il est recommandé également d'utiliser le papier avec parcimonie :

  • en utilisant le dos des enveloppes du courrier reçu pour écrire sa liste de courses ou ses penses-bêtes

  • en proposant aux enfants d'écrire sur les deux côtés d'une feuille ou en leur confectionnant un cahier avec des feuilles déjà imprimées au dos desquelles ils peuvent dessiner (nous recevons chaque jour des tas de papiers que nous ne conservons pas, je pense au volet information de la Sécurité sociale, aux lettres marketing, au rappel de notre garagiste pour la vidange du véhicule, à la lettre accompagnatrice de courriers importants....)

  • en achetant des enveloppes, des fournitures scolaires, des blocs-notes en papier recyclé

  • en limitant nos tirages photos (vive le numérique et les photos à graver sur CD!)

  • en n'imprimant pas systématiquement un document pour pouvoir le corriger! La correction peut se faire à l'écran! Ou alors charger son bac imprimante avec des feuilles déjà écrites au verso et imprimer en mode brouillon

De même,je résiste depuis un certain temps à acheter des meubles ou objets fabriqués en bois exotiques (teck, manguier, figuier par exemple) auxquels je préfère les arbres locaux (cerisier, chêne, merisier). Il faut savoir qu'il faut environ 200 ans pour qu'un arbre exotique arrive à maturité lorsqu'il ne faut que 20 ans à un chêne.

Les arbres exotiques se relèvent donc beaucoup moins vite d'un abattage massif. Actuellement, le "poumon vert" de la Terre qu'est la forêt amazonienne se réduit comme une peau de chagrin à cause, notamment, des goûts esthétiques des occidentaux pour les meubles en bois exotiques.

Entre respirer et un salon de jardin en teck, mon choix est fait!

Lessive à froid, mode d'emploi

mardi 10 janvier 2006

          J'ai tenté l'expérience hier de la lessive à froid. Il faut savoir qu'une machine, c'est non seulement l'utilisation d'eau mais aussi d'électricité. Même si mes enfants sont très économes sur le linge (oui un pantalon/jupe/pull/robe peut faire 3 ou 4 jours! oui un chemisier/polo/top peut faire 2 jours si on n'a pas de problèmes majeurs de transpiration!) je lave quand même par semaine 42 culottes, 84 chaussettes, 42 maillots de corps et au moins 18 tenues complètes sans parler des serviettes, draps et autres réjouissances.

Le problème c'est que, sans tomber dans le cracra et sans leur demander de porter leur pull pendant 2 semaines, j'avais quand même parfois l'impression de laver des choses propres ou presque. Seuls les vêtements des petits, couverts de tâches diverses et variées, et le linge de corps avaient une vraie raison d'être dans le panier.

J'ai donc décidé d'essayer la lessive à froid, histoire d'économiser au moins l'électricité. Résultat :

  • la lessive (même liquide) ne s'émulsionne pas à l'eau froide donc les tâches ne s'enlèvent pas

  • les vêtements non tachés mais qui sentent nos bonnes odeurs corporelles ressortent quant à eux parfaitement propres.

Désormais je ne trie plus mon linge en fonction des températures mais en fonction de son état :

  • tâches > lessive à 40° (30° se révélant également insuffisant)

  • pas de tâches > lessive à froid

Economie d'énergie : une machine sur deux!


A chacun son verre!

Posté par Laurence, dimanche 8 janvier 2006

          Nous sommes une famille de 6. Comme chacun à la maison boit plusieurs fois par jour, il était quasiment impossible de se mettre un verre propre de côté et de le garder pour la journée. Nous avions beau essayer de faire un effort, au bout de deux heures, les étourdis ne reconnaissaient plus leur verre (ou oubliaient qu'ils en avaient sorti un) et en reprenaient un autre.

Conclusion : le lave vaisselle se remplissait à toute allure avec des verres quasiment propres (puisque nous ne consommons que de l'eau). Quand j'ai réalisé que je faisais tourner trop souvent le lave vaisselle juste pour une brassée de verres, il m'est venu une idée toute simple.

J'ai acheté des petites pinces à linge décorées de coccinelles sur lesquelles j'ai inscrit au feutre fin le prénom de chaque membre de la famille. Du coup, le matin, chacun prend un verre, l'épingle à son nom et le garde pour toute la journée, c'est seulement le soir que nous le mettons à laver! Depuis, c'est une grande économie de lavage (donc d'eau, d'électricité et de produit lessiviel)

Et la cuisine ressemble à un joli jardin avec tous ces petits verres à tête de coccinelle!

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