Consom'action : consommer responsable et savoir remplir son cabas de ménagère

Manger bio, sport de riches ?

dimanche 10 mai 2009, 14:12

Que ce soit dans les média ou dans la rue, j'entends souvent cette remarque : "moi j'ai pas les moyens de manger bio!" comme "bonne raison" de continuer à consommer de façon traditionnelle.

A chaque fois (ou presque) que je lis des infos dans la presse sur la bonne façon de s'alimenter ou sur les risques sanitaires des pesticides, le journaliste propose toujours l'alternative bio comme étant la plus raisonnable et la plus éprouvée mais il modère immédiatement son propos avec un argument du genre : "bien sûr, pour ceux qui peuvent se l'offrir".

Comme si, dans les média, alors que l'on imagine qu'ils existent pour nous informer, il faudrait particulièrement veiller à ne pas crier trop fort des vérités politiquement incorrectes.
En ces temps de crise et de sarkozysme où les employés sont plus que jamais des pions sur un échiquier, où l'écart entre pauvres et riches n'a jamais été plus important, où le nombre de travailleurs vivant en dessous du niveau de vie décent voire du seuil de pauvreté va croissant, il serait vraiment mal venu d'affirmer qu'une des solutions à la malbouffe et à ses conséquences sur la santé et l'économie, est de passer auio.

De fait, pour éviter sûrement de se faire incendier dans le courrier des lecteurs par des gens qui peinent à remplir leur caddie, les journalistes de magazines généralistes préfèrent affirmer qu'acheter des produits bio (20 à 50% plus cher) relève de l'exploit ou du sport de riches plutôt que de creuser plus avant la question.

C'est oublier que, justement, beaucoup de gens qui mangent bio sont aussi des gens qui ont des faibles revenus. Eh oui, cela peut sembler paradoxal mais lorsque l'on se promène sur les sites écolos ou les sites de simplicité volontaire, on rencontre souvent des familles qui ont fait le choix de moins travailler (donc de gagner peu d'argent) et qui, pourtant, consomment des produits biologiques.

Personnellement, je n'ai autour de moi aucune personne aisée qui consomme bio. Par contre, tous les gens que je connais et qui mangent bio sont des familles de classes moyennes, modestes voire pauvres (selon les critères de calcul du seuil de pauvreté : environ 1430 euros pour une famille de 4 personnes avec 2 enfants de moins de 14 ans)
Ces amis ne vivent souvent que sur un seul revenu (le SMIC pour la majorité d'entre eux) ou travaillent à temps partiel. Et ils ont les charges qu'une famille classique connaît : crédit voiture, emprunt immobilier, essence... On ne peut donc pas dire qu'il s'agisse de gens aisés.

Pour notre part, Dominique et moi faisons partie de la fameuse "classe moyenne", deux salaires de moins de 1 500 euros par mois comme 50% des Français, pas d'aides particulières hormis les allocations familiales pour deux enfants (120 euros par mois) dont n'importe quelle famille bénéficie sans critères de ressources. En prime, nous avons à charge un étudiant de 21 ans pour lequel nous ne percevons rien. Nous ne sommes pas malheureux, mais nous ne faisons pas partie non plus de la classe dite aisée.

Mais alors, comment des familles moyennes ou modestes peuvent-elles consommer bio quand les reportages ne montrent que des gens dans les mêmes conditions qui peinent à s'acheter les marques premier prix dans les discounts?

Essayons de faire un portrait-robot du consommateur bio et un comparatif avec le consommateur lambda qui réclame plus de pouvoir d'achat. Cette analyse rapide ne repose évidemment sur aucune donnée chiffrée, juste sur l'observation de mon entourage et des comportements de consommateurs que je croise.
J'ai longtemps observé ce que les gens déposaient sur le tapis de caisse lorsque je fréquentais encore les supermarchés (c'était mon jeu favori). C'est fou ce que l'on apprend sur les gens en regardant le contenu de leur caddie!
Je me base aussi sur des familles que je connais très bien, (copains, voisins, parents de mes élèves, parents d'élèves de l'école de mes enfants...) qui font partie de cette "France d'en bas" si miséreuse et qui se plaignent, à raison, que tout est trop cher.
Pourtant, quand on y regarde de près, on se rend compte que ces familles n'hésitent pas à dépenser de l'argent pour des choses bien inutiles (matériel vidéo, téléphone portable, vêtements et chaussures de marque, dvds, jouets en plastique aux couleurs d'un super héros, consoles de jeux vidéos, cigarettes...) alors qu'elles vont rogner un maximum sur le budget nourriture. Mais sur ce poste là encore, les économies à faire sont bien réelles : que de gâteaux, de bonbons, de plats sucrés, de pizzas, de raviolis en conserve, de nuggets, de poêlées de légumes, de bâtons de poissons panés, de knakis, de lardons, de sodas, de céréales fourrées ou goûters... envahissent leur panier! Mais ce sont ces familles qui me disent : "Ah moi bio j'peux pas! Faudrait déjà que j'arrive à faire manger les gosses!"

J'ai même eu une fois une discussion avec une maman qui se plaignait de ne jamais pouvoir acheter de fruits à ses enfants à cause du prix mais qui enfournait chaque soir, à la sortie de l'école, une viennoiserie et un Kinde.. dans la bouche de son môme...

Entendons-nous bien : il n'y a, contrairement aux apparences peut-être, aucune forme de jugement dans mon propos. Chacun met ses priorités là où il le souhaite et sa façon de consommer est la responsabilité de chacun. On a le droit de ne pas vouloir dépenser plus pour sa nourriture et prendre un crédit à la consommation pour s'acheter un écran plat ou un ordinateur. On a le droit de trouver que 2,20 euros pour un kilo de pommes bio c'est cher mais de ne pas se poser la question pour un pain au chocolat à 1,10 euros ou une bouteille de Coc...Col... à plus de 2 euros.
On a le droit d'écrire une lettre au professeur de Français (moi...) pour l'informer qu'on n'achètera pas à son fils le livre à étudier parce que 4,50 euros pour un bouquin c'est trop cher, et lui avouer à la réunion parents-profs que petitchéri dispose dans sa chambre de la télé, du dvd et de la Playstat...
Oui, on a le droit de refuser que le poste le plus onéreux de son budget soit la nourriture alors qu'on accepte de dépenser des sommes conséquentes et parfois indécentes dans du matériel inutile.
On a le droit de ne pas choisir une nourriture de qualité pour préserver sa santé en se disant qu'il faut bien mourir un jour de quelque chose alors qu'on prend régulièrement des médicaments pour pallier des problèmes d'allergie, de poids, de cholestérol...
On a le droit de refuser de soutenir l'agriculture respectueuse de l'environnement parce qu'on s'en fout, parce qu'on n'y croit pas, parce qu'on n'y a jamais vraiment réfléchi...
On a le droit de refuser d'acheter local alors qu'on déplore toutes ces entreprises qui délocalisent...

Mais il faut l'assumer et cesser le discours hypocrite qui consiste à se trouver toujours des excuses. Et "c'est trop cher", c'est vraiment une excuse au regard des sommes dépensées dans des conneries...

Alors comment font ceux qui achètent bio pour s'en sortir quand même? Et bien, ils commencent par changer d'état d'esprit... et ils préfèrent acheter de la qualité pour le carburant de leur principal véhicule : leur corps, plutôt que de dépenser ailleurs. Une de mes amies me dit souvent : "je peux avoir des problèmes financiers mais il y a deux choses sur lesquels je ne dérogerai pas : la qualité de la nourriture et la qualité des chaussures!"

En règle général, un consommateur bio :

  • est végétarien ou en tous cas, il mange très peu de viande.
Sur un ticket de caisse traditionnel, le poste viande-charcuterie est certainement le plus important, même lorsqu'il s'agit de viande premier prix élevée aux hormones. Vous diminuerez considérablement la note en ne mangeant que des légumes. Avec la différence, vous pourrez LARGEMENT vous offrir du bio!
Vérifiez le prix des légumes! Dérisoire au regard du prix de la viande! Une semaine de légumes bio pour 4 personnes vous coûtera environ 20 euros, soit le prix d'un rôti de boeuf ou 2 poulets... Le calcul est vite fait.
Internet et les librairies sont une mine d'or pour trouver des recettes végétariennes savoureuses, originales et très nourrissantes.

  • n'achète pas de plats préparés ou de produits transformés qui coûtent extrêmement chers, même les premiers prix, et qui ne nourrissent pas, de sorte qu'il faille souvent prendre deux portions au lieu d'une pour satisfaire sa faim. Apprenez à cuisiner, c'est souvent beaucoup plus facile et beaucoup plus rapide que l'on n'imagine! Faire une pâte brisée par exemple ne prend que quelques minutes...

  • n'achète que des matières premières et fabrique presque tout ce qu'il mange : yaourts, pain, gâteaux, soupes, conserves, confitures, compotes, purées... C'est vraiment très simple et c'est surtout très économique!

  • fait ses course au marché et au magasin bio autant dire qu'il ne peut pas être tenté par les promotions, les têtes de gondole et autres merveilles du supermarché! On achète juste ce dont on a besoin et basta! Bonjour les économies.

  • cultive son potager quand c'est possible. Si, en plus de ne manger que très peu de viande, on peut profiter des légumes de son jardin, le budget courses diminue d'autant. On peut alors vraiment se permettre de pousser la porte du magasin bio!

Pour finir, je voulais juste vous "montrer" mes tickets de caisse . Un exemple de ce que j'achète pour tous les repas d'une semaine pour 4 personnes (week-ends compris).

Au marché :

  • 15 euros pour des légumes bio. Cette semaine : des poireaux, 2 salades, 2 bottes de radis, des carottes nouvelles, des courgettes, des navets, un concombre,  des pommes de terre nouvelles, des oignons blancs

  • 4 euros pour deux douzaines d'oeufs fermiers de plein air catégorie 1

  • 11,50 euros pour des fruits bio : 1,5 kilo de pommes, 6 bananes, 8 kiwis, 2 barquettes de fraises (les premières!!!)

  • 9 euros pour du fromage de chèvre bio : une grosse bûche et 2 crottins

  • 10 euros pour du pain bio : 1 kilo de pain d'épeautre pour les repas et 1 kilo de pain noisettes-raisins-sésame pour le petit déjeuner (on les tranche et on les congèle) On utilise plutôt notre machine à pain pour faire des pains au lait ou des pains briochés pour le petit déjeuner ou le goûter

A la biocoop :

  • 4 bouteilles de lait fermier de ma région (avec la crème et tout! je n'ai pas trouvé meilleur pour faire de vrais yaourts onctueux, solides et parfumés. Tous les autres laits, même bio, sont trop nettoyés, les yaourts sont trop liquides...)

  • 1 pot de yaourt de 500 g (soit l'équivalent de 4 yaourts du commerce) du même fermier pour ma base de ferments (je réalise ainsi 56 yaourts par semaine)

  • 1 pot de crème fraîche toujours de chez Gaborit (la crème est jaune! Je ne vous dis pas le goût de ma crème chantilly avec les fraises!)

  • 2 paquets de galettes de riz (goûters des enfants à l'école)

  • 1 kilo de céréales non sucrées noisettes, amandes, copeaux de chocolat noir

  • 1 ou 2 paquet(s) de tofu (je congèle éventuellement)

Voilà, ça c'est ce que j'achète chaque semaine pour environ 26 euros. Ensuite viennent s'ajouter selon mes besoins et mes stocks à la maison :

  • beurre fermier
  • tisanes, thé, café
  • boulgour, lentilles corail, pâtes, quinoa, lentilles vertes, semoule, riz de camargue, levure de bière
  • moutarde, shoyu, vinaigre, huile d'olive, huile de sésame
  • sucre de canne, rapadura, miel
  • chocolat dessert, pâtes à tartiner : chocolade, amandes, noisettes, cacahuètes...
  • vin
  • kombu, nori (algues)
  • farine de blé, farine de sarrasin, farine de seigle

J'atteins alors les 60 euros par semaine à la biocoop.

Soit un budget total de 110 euros par semaine, parfois moins, rarement plus. Moins de 4 euros par jour et par personne! C'est le prix d'un sandwich!
Et je peux vous assurer que nous mangeons largement à notre faim, en nous faisant plaisir avec des plats savoureux et des gourmandises (je suis très gourmande). Les enfants se régalent au petit-déjeuner et au goûter. Bref, manger sainement, bio, sans se ruiner, c'est possible!

Savoir acheter ses oeufs

mardi 31 mars 2009, 13:02

Pourquoi faire un article sur les oeufs? Tout simplement parce que la production d'oeufs illustre à elle seule le fonctionnement de l'industrie alimentaire et le casse-tête de repérage pour le consommateur.

On en a tous déjà fait l'expérience : entre les oeufs mayonnaise de la cantine et les oeufs à la coque des poules de notre mamie, on voit clairement la différence. On voit? Oui! Parce que le jaune du deuxième est réellement jaune, tirant sur le orange alors que l'oeuf de la cantine arbore un jaune pâlichon presque blanc.
On sent? Oui, car le blanc de l'oeuf de mamie est fondant à souhait et son jaune est coulant et savoureux. L'oeuf de la cantoche ne nous permet pas, au goût, de distinguer le blanc du jaune tellement l'un et l'autre sont durs et secs. Heureusement qu'ils sont couverts de mayonnaise sans goût, sinon on pourrait s'étouffer...
Avez-vous déjà cassé une coquille d'oeuf en batterie? Non, vous n'avez pas eu le temps! La coquille était déjà cassée dans la boite tellement elle est fragile! Et celle des poules de ma grand-mère? Je m'y reprends à trois fois pour casser mes oeufs!

Savoir acheter ses oeufs, c'est donc déjà choisir entre la saveur et l'insipide, entre le plaisir et le remplissage d'estomac. Apprenons à nos enfants à goûter à pleines papilles toute l'année et pas seulement pendant la stupide "semaine du goût"!
Si vous achetez vos oeufs en supermarché, vous pouvez vous faire avoir par la multitude de désignations utilisées par les industriels pour vous faire oublier que vous consommez des oeufs de batterie : "oeufs datés du jour", "oeufs extra-frais", "oeufs façon grand-mère", j'en passe et des meilleurs.... Ce n'est que de la pub!
La seule garantie pour reconnaître les bons des mauvais oeufs est le marquage obligatoire. Pour une fois qu'il en existe un, apprenons à le déchiffrer!

Chaque oeuf est estampillé d'un code tel que 0FRTSE256.
Le premier chiffre est le plus important : c'est celui qui vous indique la qualité de l'oeuf. Les lettres FR indiquent qu'ils sont produits en France, le reste indique simplement le lot de l'élevage (moins important, en ce qui nous concerne)

0 : oeufs bio. L'élevage biologique est le seul à garantir aux poules une vraie vie de poule. Elles sont élevées en plein air, peuvent voler, se percher, faire leur nid, prendre des bains de poussière, picorer, fouiller le sol. Le terrain possède des abris extérieurs et de la végétation naturelle. Elles disposent chacune d'une parcelle d'environ 4 mètres carré. Elles se nourrissent exclusivement d'alimentation bio et ne sont pas traitées par antibiotiques. Une lumière artificielle est autorisée mais doit être éteinte 8 heures par jour.

1 : oeufs de poules élevées en plein air  On y retrouve les labels comme Label Rouge. Les poules disposent aussi d'une parcelle recouverte de végétation d'environ 4 mètres carré. Elles sont élevées en plein air en journée mais confinées la nuit. Selon le cahier des charges Label Rouge, les poules élevées en plein air doivent bénéficier d'une alimentation exempte de matière animale et de colorants (imaginez ce que mangent les autres poules!) et reposant sur 50% de céréales dont un maximum de 15% de sous-produits de céréales. Les poules ne sont pas soumises aux traitements par antibiotiques.

2 : oeufs de poules confinées Ces poules sont élevées en liberté à l'intérieur (cherchez l'erreur!!) c'est-à-dire qu'elles ne sont pas en cage mais ne sortent jamais de l'entrepôt. Cette méthode ne représente que 3% de la production en France.

Car le meilleur reste pour la fin, plus de 80% des oeufs sont produits en CAGES!

3 : oeufs de poules de batterie. Bon, vous l'avez compris, il n'y a pas pire. Pour votre santé, pour le goût, pour la poule, pour la Terre, pour vos enfants. Pas pire on vous dit. A tel point que l'élevage en batterie va être interdit en 2012. Non seulement les poules ne voient JAMAIS le jour puisqu'elles sont enfermées en permanence (elles ne sauront donc jamais à quoi ressemble un brin d'herbe) mais elles ne sont même pas libres de leurs mouvements.
Les poules sont élevées en cage, elles sont 18 par mètres carré c'est-à-dire qu'elles doivent prendre autant de place qu'une feuille A4 dans une ramette de papier! Elles n'ont pas la possibilité de gratter, de se percher ni bien sûr de voler, ce qui génère un stress et une dégénérescence psychique. On les gave d'ailleurs d'anti-dépresseurs. Imaginez que vous ne puissiez jamais étendre votre bras! C'est le cas de ces poules qui ne peuvent pas ouvrir les ailes. Leur souffrance en cage est atroce car tout est fait pour le confort du producteur qui doit ramasser les oeufs : les poules sont en équilibre permanent sur de fins grillages qui amènent les oeufs jusqu'à des tapis roulants. Beaucoup d'entre elles souffrent de fractures, de contusions, de fissures, de lésions, de dégénérescence de la corne....
Comme elles s'ennuient, elles s'agressent en permanence. Pour éviter qu'elles ne se blessent entre elles ou ne s'auto-mutilent, on leur coupe le bec. Cette opération barbare leur arrache parfois complètement le bec.
La lumière artificielle, qui accélère la ponte, les désoriente complètement puisqu'elle n'ont plus aucune idée du rythme des saisons et de l'alternance jour/nuit.
Côté nourriture, elles sont gavées de cadavres d'animaux, d'antibiotiques, de produits chimiques et de colorants.
Mais ce n'est pas tout : les poussins qui doivent ensuite devenir les poules pondeuses sont triés sur des tapis roulants à l'âge d'un jour. Les mâles, inutiles sont broyés dans des machines ou jetés vivants dans des sacs en plastiques ou des poubelles pour y mourir étouffés ou écrasés.
Lorsqu'elles ne peuvent plus pondre, elles sont envoyées à l'abattoir où elles sont égorgées de façon mécanique. Le problème, c'est que la machine travaille selon un gabarit et que toutes les poules n'y répondent pas. Elles sont alors parfois taillés au niveau des yeux quant elles ne ratent pas tout simplement l'étape de la machine à égorger. Ces cadavres de poules non présentables pour la consommation finissent en "bouillon de poule", en "soupes", ou en farces à saucisse, raviolis et autres plats préparés.

Comment agir?
N'achetez plus d'oeufs de poule estampillés code 2 ou 3! Méfiez-vous des appellations qui ne veulent rien dire et regardez aussi le code sur les oeufs que vous achetez au marché, beaucoup proviennent en fait d'élevages industriels!

Mais attention aussi à la nourriture toute prête du supermarché! un tiers des oeufs de batterie sert à la préparation de pâtes (vous savez : les fameuses "aux oeufs frais"), de gâteaux, de mayonnaises, de desserts (crème aux oeufs, liégeois, Dan..tte..), des brioches, des quatre-quarts, des plats préparés tels que quiches ou tartes, des glaces, des mélanges de viandes (boulettes, saucisses...), du surimi, des sauces blanches (béarnaises, hollandaises...), des bonbons et j'en passe. Pensez aussi au shampoing aux oeufs et à certains cosmétiques.

L'alimentation biologique, y compris les plats préparés et tous les produits pré-cités ne contiennent JAMAIS d'oeufs de poules en batterie. Voilà une autre des raisons pour lesquels j'achète bio, j'ai la flemme d'éplucher toutes les étiquettes!

Je voulais faire cet article sur les oeufs pour montrer comment refuser un achat (là, les oeufs en batterie) peut avoir des répercussions sur toute son alimentation. On n'imagine pas à quel point tout est lié quand on commence à se pencher sur les questions d'écologie.

Oui, cet écran plat dont vous avez très très envie est très très beau... mais utilisez plutôt votre argent pour vous nourrir sainement. La Terre et votre corps vous le réclament!

Pourquoi manger bio ?

dimanche 22 mars 2009, 13:21

On entend tout et son contraire autour du bio. Il y a les inconditionnels, les convaincus qui font des exceptions, les sceptiques, les aquoibonistes et les "j'y toucherais bien mais j'ai pas les moyens"

Certains clament que le bio est meilleur pour la santé, d'autres que les légumes ont plus de saveur. Certains pensent au contraire que le bio n'existe pas, que la Nature elle-même fabrique des poisons que l'on retrouve dans la terre et dans notre assiette. J'ai même entendu des pharmaciens me dire qu'ils ne voulaient surtout pas manger bio parce que les germes et les bactéries naturels leur faisaient peur et que les traitements chimiques leur garantissaient des produits stériles et exempts de maladies!!!

Bref, je crois que le débat ne se situe pas forcément sur ce plan-là. Personne n'a prouvé que manger bio évitait le cancer ou un arrêt cardiaque. D'abord parce que la nourriture n'est pas le seul élément qui agit sur notre corps : la pollution de l'air, de l'eau, les ondes qui se multiplient (télé, wifi, bornes de téléphones portables...), notre consommation d'antibiotiques, les substances toxiques qui émanent des peintures, des meubles, des tissus de notre logement ou de notre bureau, tout, à mon sens, est enchevêtré et affaiblit notre résistance. Manger bio ne suffit donc pas à se protéger des maladies.

D'autre part, une personne qui mange bio est bien souvent quelqu'un qui se soucie de sa santé : elle se nourrit souvent correctement, alternant fruits, légumes, céréales et fruits secs, limitant la viande et les produits gras ou sucrés, privilégiant les produits frais et la cuisine saine, pratiquant du sport... Il est donc normal que sa santé soit meilleure... Rien à voir avec le bio.

Mais alors, pourquoi manger bio? Voici mes raisons, elles ne sont aucunement scientifiques (même si certaines sont avérées par des études), elles tiennent juste du bon sens.

  • les produits bio n'ont pas été modifiés, ni ionisés, ni arrosés de pesticides. Personne n'essaie de leur donner une autre forme que celle qu'ils ont, ni de relever leur saveur ou leur couleur par des exhausteurs de goût ou des colorants, dangereux pour la santé. Même si un produit n'est jamais 100 % bio, même si la pollinisation, l'usage intensif des pesticides et la volatilité des OGM font que l'on en retrouve un peu dans les produits bio, c'est de toute façon en quantité bien moindre que dans les produits traités ou modifiés. Et si manger bio ne m'assure pas de ne jamais avoir le cancer, je préfère ne pas prendre de risques. Conduire à 200 km/heure augmente largement les risques de mortalité par rapport à une conduite à 90 km/heure, même s'il est possible d'avoir un accident mortel à cette vitesse. A combien roulez-vous?

  • les produits bio sont la plupart du temps produits sur le territoire, voire régionalement puisque l'absence de conservateurs empêchent les produits de se promener trop longtemps. Bien sûr, nous avons tous vu des tomates bio venant d'Afrique du sud ou des haricots verts bio du Kenya. Le bio étant aussi une niche commerciale pour bon nombre d'industriels, on n'a jamais dit qu'il était exempt d'imbéciles. Faisons cependant confiance à la vigilance du consommateur. On n'a jamais dit non plus que manger bio dispensait de réfléchir.

  • le label bio offre la garantie d'une vie décente pour les animaux (si tant est que vivre pour être mangé par un humain soit décent...) Ainsi les poules bio sont les seuls à connaître l'élevage en plein air et à bénéficier d'une alimentation biologique (pas de farine...) Les poulets ont également une durée de vie plus longue puisqu'ils sont abattus à 90 jours contre 45 jours pour des poules de batterie. Bien évidemment, on ne leur coupe pas le bec, contrairement aux autres poules.

  • le label bio est la seul garantie contre la présence d'OGM dans la nourriture puisque rien n'oblige le fabricant à stipuler la présence d'OGM sur l'étiquette de son produit. Rien que pour ça, je mange bio! Par refus d'être trompée sur la marchandise!

  • Pour les mêmes  raisons, le label bio est la seule chose qui me garantisse que ma confiture de fraises comporte réellement des fraises et pas deux ou trois morceaux de fruits douteux, largement agrémentés de  colorant et d'arôme artificiels. (Mauvais exemple pour la confiture : je la fabrique moi-même...)

  • les agriculteurs bio sont respectueux de l'environnement bien sûr mais aussi des saisons et des variétés adaptés à leur région. Grâce à eux, on redécouvre des légumes, des fruits qu'on avait oubliés et on apprend à respecter la gastronomie locale, notre patrimoine culinaire.

  • le bio ne représente que 2% des terres cultivables totales, nous sommes très en retard par rapport à nos voisins européens. Manger bio est pour moi un acte politique qui pose le problème de la nourriture comme un problème de santé publique qu'il est inacceptable d'ignorer. Servir sciemment au peuple, à nos enfants et aux plus démunis de la nourriture industrielle empoisonnée (présence parfois de pesticides dans les produits jusqu'à 5 800 fois la dose autorisée dans l'eau du robinet) pour des histoires de gros sous, c'est pour moi un crime contre l'humanité (non, non, je n'exagère pas....) Dans un numéro récent du Nouvel Obs, un patron de grande distribution avoue : "les premiers prix sont de la mer..." Eh oui, on essaie de vous en faire manger tous les jours....

  • les conséquences liées à une mauvaise alimentation, à la pollution sont extrêmement coûteuses à l'Etat et à la société. Là, je ne parle même pas du bilan écologique, je parle seulement de ce que coûte à la société le traitement des maladies graves ou bénignes, des allergies... dues à la toxicité de l'alimentation. Cela vaudrait bien le coup de se pencher sur le bio mais comme d'habitude, on préfère guérir que prévenir...

Pour toutes ces raisons, manger bio est devenu pour moi une évidence.

Acheter d'occasion

lundi 26 Mai 2008

Parmi mes souvenirs d'enfance, il y a ces samedis après-midi que je passais en compagnie de mes parents dans le plus gros centre d'Emmaüs près de Rennes. De loin, on aurait dit une décharge publique avec tous ces canapés qui mouraient à ciel ouvert, ces vieux camions désossés et ce fatras de morceaux de bois ou de plastique qui avaient dû, autrefois, être des meubles. Mais lorsqu'on arrivait, c'était en fait une vraie caverne d'Ali Baba dans laquelle j'adorais flâner à la recherche de L'OBJET : un livre, un vêtement, un bibelot... Mon père, menuisier, trouvait toujours un petit meuble à retaper ou un pied de chaise qui trouverait une seconde jeunesse dans son atelier. Ma mère traquait les ustensiles de cuisine ou les pièces de lin. J'ai souvenir de revenir parfois, coincée dans le coffre entre une table et un vélo, pliée en quatre telle un yogi!

Je me suis toujours fournie en livres, en tissus et en jeux chez Emmaüs et j'ai gardé cette habitude. Lorsque j'ai aménagé mon premier appartement, TOUT était d'occasion (de la vaisselle au canapé en passant par les serviettes de toilette et la télévision) et il n'y a pas beaucoup d'objets chez moi qui soient neufs.

Si vous n'arrivez pas à convaincre votre conjoint de vos bonnes intentions écolos, voilà peut-être un argument qu'il ou elle entendra avec plus de facilité : acheter d'occasion permet de faire d'énormes économies! Et, à l'heure où le fameux "pouvoir d'achat" est tellement mis à mal, c'est une bonne raison de s'intéresser au marché de l'occasion.
Pas besoin de vous faire un dessin, vous comprenez bien que c'est également un bienfait non négligeable pour la planète : utiliser ce qui existe déjà plutôt que de produire encore et toujours, redistribuer également lorsqu'on n'a plus l'utilité de quelque chose, c'est réduire son empreinte écologique, augmenter la solidarité et enrichir le lien humain.

Acheter d'occasion s'appelle en nouveau langage écolo-bio-chic : compacter. Si je trouve la démarche intéressante, je regrette que, comme d'habitude, il faille conceptualiser tout ce que l'on fait ou ce sur quoi on réfléchit. La nouvelle tendance bo-bo est donc au recyclage, ne nous en plaignons pas.

Je vous livre les quelques pistes qui me servent régulièrement, j'ai conscience que je suis loin de la liste exhaustive mais je compte sur vous pour la compléter!

A creuser pour ceux qui démarrent :

  • les vide-greniers : de mars à octobre, les villages organisent des manifestations où chaque particulier peut vendre ses affaires personnelles. Non seulement, c'est une balade agréable mais on peut faire vraiment des affaires. Je me fournis principalement en livres, DVD pour ma classe, jouets et vêtements pour mes enfants mais j'y ai déjà acheté mon vélo, de la vaisselle, la plupart de mes meubles, du linge de maison, du matériel hifi-vidéo, de la déco... Et pour rien au monde je ne manquerai le 3ème week-end de septembre à Rennes où est organisé le deuxième plus grand vide-greniers de particuliers de France : j'y achète chaque année les cadeaux de Noël (jeux de société neufs à 2 euros par exemple), les fournitures scolaires (cartable neuf à 1.5 euro) et les vêtements de toute ma petite famille.

  • les bourses : aux vêtements, aux livres, aux jouets, aux plants de jardin.... Il y en a pour tous les goûts. Traquez ces informations dans les journaux gratuits de votre région. Plus régulières en septembre et en mai.

  • les magasins d'occasion : bouquineries (je suis très fidèle à la mienne et je fais des économies ENORMES), vêtements (parfois vendus au kilo), matériel de puériculture... A chercher dans votre ville!

  • Ebay : THE site de l'occasion. Une vraie malle aux trésors car on trouve à peu près tout ce que l'on cherche à des prix raisonnables. Avant d'acheter un objet, je vais toujours voir si je le trouve sur Ebay et à 90% c'est le cas. Attention à ne pas vous faire avoir cependant par les frais de port et le jeu des enchères! J'estime avoir fait une bonne affaire quand l'objet que j'achète me coûte 50% de son prix d'achat frais de port compris. L'avantage que je trouve aussi sur ce site, c'est la possibilité d'acheter des lots. Pour les vêtements des enfants ou les livres, c'est vraiment très avantageux.

  • Priceminister : un site plutôt spécialisé pour les livres, jeux vidéo et dvd, les frais de port sont élevés mais vous faites tout de même entre 50 et 80% d'économies.

  • Troczone : un système d'échange de biens culturels, vous proposez des livres par exemple et les envoyez à ceux qui sont intéressés, en échange on crédite votre compte en points que vous pouvez échanger contre d'autres biens d'occasion

  • Emmaüs

  • les sites de dons sur internet

  • les dépôts-vente, super pratiques pour les meubles et les appareils électro-ménager

...

Attention cependant à ne pas vous encombrer plus que de raison, sous prétexte que ce n'est pas cher! Il fut un temps où j'achetais tellement de "bonnes affaires" que mon compte bancaire était aussi vide que ma maison était remplie. J'ai tout revendu par l'intermédiaire des mêmes réseaux et je n'achète aujourd'hui que ce dont je vais réellement me servir.

Consommer responsable, c'est un début...

lundi 14 avril 2008

Nous sommes d'accord : consommer et écologie sont deux mots qui ne riment pas. Lorsque j'ai feuilleté le catalogue qui référence 1 000 produits ou façons de consommer "vert" et/ou éthique, j'ai d'abord été dubitative et je me suis demandé s'il ne s'agissait pas là tout simplement d'une autre opération commerciale qui ferait une fois de plus la part belle à des entreprises toujours à l'affût de la juteuse niche marketing qui viendra gonfler leurs ventes.

Aujourd'hui, les librairies fleurissent leurs vitrines avec les ouvrages "bio/écolo" Hier, en passant devant la pharmacie, je découvre en vitrine les crèmes minceur de Weleda, célèbre marque pionnière dans les cosmétiques bio, qui ne résiste pas, elle non plus au chant des sirènes commerciales : n'est-ce pas une honte de proposer des crèmes pour maigrir lorsque l'on se dit engagé dans une démarche responsable et que l'on sait que 24 000 personnes meurent de faim chaque jour dans le monde et qu'il suffirait peut-être à nos organismes gâtés de consommer une nourriture plus pauvre en graisse et en sucre pour lutter efficacement contre ces rondeurs! Le plus paradoxal était sans doute cette petite "trousse en chanvre" offerte pour 2 produits achetés... Comment inciter à consommer plus en nous donnant l'illusion de consommer mieux...

Consommer, que ce soit "responsable" ou pas, plutôt que de recycler, de partager et fabriquer soi-même,  c'est de toute façon augmenter son empreinte écologique, gaspiller de l'énergie et participer à du non-sens.

La meilleure façon d'être responsable face à la consommation est encore d'entamer une réflexion sur ce besoin et de réaliser que notre course au bonheur matériel, que notre fuite en avant consumériste participent à épuiser les ressources et à creuser le déséquilibre social entre le Nord et le Sud. Importer de la nourriture bio de l'autre bout de la planète, utiliser les plantes exotiques pour fabriquer des gels douches (tout écolos qu'il soient), boire du café et manger du chocolat, même bio et équitables sont de toute façon des non-sens.

Cependant, je crois aussi que beaucoup de personnes découvrent ou s'intéressent à l'écologie justement à cause de ce battage médiatique. Et il est bien évident que c'est par les changements de comportement, par l'éducation, l'information et surtout l'investissement, même minime, de chacun que les choses pourront durablement évoluer. Ce catalogue met l'accent sur le fait que nos politiques et nos industries bougeront à la force du porte-monnaie.

Puisque nous sommes dans un monde de la consommation, alors appelons les consommateurs à inverser la tendance du "tout polluant".  Il est évident que lorsque l'on débute en écologie, on commence rarement par installer d'office des toilettes sèches dans sa maison et faire sa vaisselle à la cendre...

Ceux qui ont déjà lutté contre une dépendance le savent : on ne peut pas se priver de tout du jour au lendemain sans ressentir le manque qui nous conduira souvent à l'overdose, dans un moment de faiblesse. Alors peut-être que ce catalogue sera utile à ceux qui, loin d'être prêts à révolutionner leur vie, sont pourtant sensibles à leur manière de consommer. Savoir acheter ses appareils électroménagers, ses cosmétiques, sa nourriture, ses produits d'entretien pour la maison c'est un bon début. Voilà pourquoi ce catalogue ne me parait finalement pas une mauvaise initiative.

Faire évoluer son caddie, découvrir d'autres façons de voyager ou d'investir son argent, c'est peut-être là le début d'un lent processus qui fut le mien. La Terre ne s'est pas faite en un jour et ne renaîtra pas non plus de ses cendres en deux coups de baguette magique. Les consommateurs ne deviendront pas, du jour au lendemain, des écolos convaincus, mais échanger son téléphone portable énergivore contre un modèle classé dans le topten de Greenpeace, c'est un début, qui peut ensuite, doucement, conduire à abandonner totalement l'usage du portable...

Le chemin de l'écologie ne ressemble pas à ces belles autoroutes goudronnées. Personnellement, voilà 9 ans que je m'y intéresse et je suis bien loin du but que j'aimerais un jour dépasser. Et mon cheminement a connu plusieurs périodes :

  • la découverte d'abord, avec cette difficulté à trouver des informations cohérentes, claires et faciles à mettre en oeuvre pour la novice que j'étais. Ce genre de bouquin m'aurait sûrement aidée.

  • l'effet de mode ensuite : j'affichais bien en évidence sur l'étagère de la cuisine les produits labellisés BIO pour que les copains le remarquent. Acheter bio, sans aucun doute, ça en jetait! (c'était la phase "consommatrice")

  • puis vint la réelle prise de conscience : petit à petit, l'effet de mode se transformait en besoin vital et en réflexions. Et la découverte du mouvement de la simplicité volontaire. Ce fut le moment de l'ouverture du blog.

  • les tâtonnements aussi enthousiastes que disparates suivirent : j'essayais tout, dans tous les sens, je lisais et m'informais beaucoup, laissant peu à peu définitivement derrière moi d'anciennes habitudes et des dépendances matérielles. Ce fut aussi l'époque d'une autre prise de conscience : ce n'est pas parce qu'un produit porte un label bio ou équitable qu'il est pour autant "propre" et sans conséquence pour la planète. Cette phase correspond à tous ces articles que j'ai écrits sur l'achat local, sur les plats préparés bio ou autres gadgets écologiques... On ne peut faire confiance qu'à sa vigilance, l'étau se resserre...

  • l'angoisse monta en même temps que je réalisai à quel point le chemin est long et escarpé et à quel point mon empreinte écologique est encore importante : ce fût le moment des restrictions, des sacrifices et des changements radicaux à la maison. C'est cette "repentance" qui me fit pousser des coups de gueule contre "ceux qui ne voyaient pas l'importance d'agir"! Je voulais convaincre tout le monde, je ne supportais plus les gaspilleurs et les profiteurs, je les harcelais et j'étais terrorisée à l'idée d'assoiffer la planète dès que je prenais une douche.

  • il y eut 9 mois de "jeûne" ensuite. Drapée telle Phèdre dans mon sacrifice et ma dignité écorchée, je n'ai plus rien écrit, ni animé de soirées débat dans mon asso, ni vu grand monde d'ailleurs. Ce temps me permit de faire le tri entre les bonnes et les mauvaises convictions, entre ce que j'ai envie de donner et de recevoir, entre mes besoins vitaux et le superflu.

  • et enfin, aujourd'hui, un bel équilibre entre des convictions assumées et des paradoxes ou plaisirs vécus sans culpabilité. Oui, je prends l'avion demain pour partir en Ecosse car J'ADORE voyager et aller à la rencontre d'autres cultures, oui je continue à manger du chocolat extra noir et à boire 2 litres de thé par jour... mais je n'en éprouve pas de culpabilité car je sais aussi ce que je fais, par conviction, pour la terre de mes enfants et je sais aussi que ce chemin me mènera toujours, mais à mon rythme, plus loin que je ne l'aurais imaginé vers moi-même et vers la vie qui me parait la plus juste et la plus adaptée à ce que je suis, en relation avec les autres humains de cette planète et l'environnement.

Alors, au final, si parfois je râle encore contre ces marchands du vert, je me rappelle aussi qu'il faut bien commencer un jour et que l'on commence rarement par le sommet...

Quelle gourde!

lundi 28 mai 2007

Cette semaine, mes enfants ont fait leur sortie scolaire annuelle avec pique-nique party. Comme nous buvons à la maison l'eau du robinet, il a fallu que j'achète deux petites bouteilles d'eau, qui ne nous ont pas servi après et que l'on a dû recycler. Je trouvais vraiment dommage d'être obligée d'acheter ces contenants même si c'est peu fréquent. Pour autant, à chaque fois que nous souhaitons organiser un pique-nique ou une sortie à l'extérieur, se pose le problème de la boisson...

Puis je me suis souvenue tout à coup de ma propre enfance et de mes sorties scolaires ou associatives. N'avais-je pas une GOURDE ? Mais ouiiiiiiiii! Ce fabuleux récipient à boisson! J'avais oublié (parce que j'imagine qu'aujourd'hui c'est complètement ringard) un outil aussi précieux.

De fait, j'irai prochainement acheter à mes enfants une gourde en fer, comme celle que j'avais ado lors des randonnées en montagne et nous éviterons ainsi l'achat des "bouteilles d'eau-minute" ou la consommation onéreuse dans les cafés.

Cela semble peut-être tout à fait évident pour beaucoup d'entre vous mais n'oubliez pas que ce blog s'intitule "consommatrices repenties", je vais à mon rythme, souvent trop lentement, mais je me détache peu à peu de mes habitudes consommatrices.

Je m'oriente vers les choses durables et je traque sans relâche les objets jetables. Je me débarrasse du superflu, j'envisage les objets multi-fonctions et j'essaie surtout de me souvenir de mon enfance : des parents très modestes, ruraux, qui se sont toujours débrouillés avec ce qu'ils avaient à portée de main. Les dictons, les proverbes, les remèdes de grand-mère étaient les lois de notre fonctionnement. Les objets durables, peu coûteux et solides étaient les seuls dont nous nous servions.

Aujourd'hui englués par les gadgets et la technologie qui déforment et compliquent tout, nous sommes obligés de ré-apprendre à vivre simplement. Et obligés de ré-utiliser des objets très simples. C'est un comble!

C'est ainsi que nous pouvons remplacer :

  • les lingettes par des éponges et des serpillières

  • les tampons et les serviettes par une mooncup*

  • l'eau en bouteille par la carafe et l'eau courante

  • l'aspirateur de table par une balayette et une pelle (en fer de préférence)

  • les sacs plastiques par un caddie à roulettes, un panier en osier ou un sac à dos selon usage

  • les emballages individuels de goûters par une boîte à goûter

  • l'essuie-tout par des chiffonnettes en fibres ou des éponges

  • les stylos à bille par des stylos plume à encre ...

Etc, etc, à vous de nous donner d'autres idées!

Vêtements : lisez les étiquettes!

vendredi 1 septembre 2006

D'après le livre très agréable de Sabine de Lisle : "La journée de l'écocitoyen" aux éditions Sud-Ouest

1/ Le coton représente 70% du marché mondial de textile. Or, une chemise en coton nécessite 100 g de pesticides, 2000 à 3000 litres d'eau, une dizaine de produits chimiques, 15000 à 20000 kms de transport.

Un million de personnes par an sont intoxiquées par les pesticides qui traitent le coton et 22 000 en meurent chaque année. Le coton représente donc un vrai désastre sanitaire...

2/ La viscose est fabriquée à partir de cellulose dissoute dans de la soude caustique et plongé dans un bain d'acide sulfurique pour obtenir les filaments.

3/Le nylon, le polyester, la polyamide, l'acrylique sont des dérivés du pétrole.

4/ il existe environ 4000 colorants chimiques servant à la teinture et à l'impression des tissus. Il faut également des produits chimiques pour fixer ces colorants.

5/ Quelques chiffres affolants :

  • les français consomment 1 000 000 de tonnes de vêtements par an

  • 85 % des vêtements sont retrouvés dans les poubelles, seulement 15 % sont recyclés

  • 850 000 tonnes de vêtements à la poubelle chaque année en France

Des pistes alternatives :

  • privilégier les matières naturelles : la laine non traitée, le lin, le chanvre

  • préférer les vêtements blancs ou écrus, non teintés

  • recycler ses vieux vêtements, donner, échanger

  • ARRETER D'ACHETER SANS CESSE PARCE QU'ON N'A RIEN A SE METTRE !!!

(ps : c'est promis, un jour on répondra aux commentaires de plus en plus nombreux!)

Où faire ses courses ?

vendredi 31 mars 2006

Lorsque l'on commence à s'intéresser au bio et à comprendre l'intérêt de cette agriculture, on a envie (parfois) de passer d'un extrême à l'autre, du "tout surgelé" au "tout bio".

Au début c'est assez simple, sauf pour notre porte-monnaie qui en prend un sacré coup dans l'aile!

On se rue à la biocoop, chez le maraîcher bio ou au rayon bio de notre grande surface préférée. On est vraiment fier (et on a raison!) de changer de mode d'alimentation et d'habitudes d'achat. Bien sûr on doit faire le deuil de quelques drogues alimentaires que l'on ne retrouve pas au rayon bio comme les plats préparés, les soupes en briques, les fraises en décembre, les charcuteries lyophilisées, les barres chocolatées, les biscuits fourrés et j'en passe. Mais globalement, on arrive plutôt bien à remplir ses placards et son frigo avec des produits bio.

Le problème avec l'écologie, c'est qu'il est difficile de revenir en arrière, on pourrait même dire qu'une fois que l'on a fait le premier pas, on ne peut en faire qu'un second puis un troisième. J'entendais Emmanuelle Béart dire à propos de son engagement sur la misère des enfants d'Afrique : " Maintenant que j'ai ouvert les yeux, je ne pourrais plus les refermer"

Et c'est là que les dilemmes commencent. Si l'on reprend les réflexions de ce blog, nous sommes d'accord pour dire que:

  • il est préférable d'acheter un produit bio à un produit non-bio car l'agriculture biologique est respectueuse non seulement de l'environnement mais aussi des animaux et des êtres humains (les producteurs, les distributeurs et les consommateurs)

  • il est préférable d'acheter des produits équitables lorsqu'on ne les trouve pas en France (cacao, fruits exotiques, café...) pour permettre à des villages, à des familles de vivre

  • il est préférable d'acheter local parce que c'est plus agréable de savoir que notre argent nourrit nos voisins, petits commerçants et agriculteurs de la région, plutôt que Monsieur Auchan qu'on ne rencontrera jamais. Préférable aussi parce qu'acheter local limite les transports des denrées qui polluent la planète (carburant, conditionnements multiples...)

  • il est préférable d'éviter la grande surface. Tout d'abord Monsieur Auchan est bien assez riche et peut, maintenant qu'il a fait fortune, partager un peu le gâteau avec ses congénères. Ensuite Monsieur Auchan, est tellement gourmand qu'il ne s'arrête jamais de vouloir s'implanter partout dans le monde en polluant la planète et l'esprit de peuples qui, sans lui, n'auraient jamais eu l'idée de s'occidentaliser. Si nous pouvons éviter de cautionner cette "évangélisation des temps modernes" et cette soumission au Dieu Argent, ce n'est pas plus mal.

Quels sont les problèmes rencontrés dans mes différents lieux d'achat ?

1/ La biocoop

Les avantages :

  • la plupart des produits sont vendus en vrac, ce qui permet de limiter les contenants et de n'acheter que la quantité nécessaire

  • on y trouve des produits inconnus des grandes surfaces et on apprend vite à remplacer le sucre raffiné, les féculents blanchis, les céréales sucrées, la gélatine alimentaire, les sauces, la farine blanche, le chocolat sucré... par des produits plus naturels, plus goûtés, plus sains car moins transformés. On découvre de nouvelles saveurs et on apprend à varier ses apports, ce qui est bénéfique pour la santé mais aussi pour le moral (pas l'impression de manger tous les jours la même chose)

  • la taille des établissements fait que l'on ne se sent pas stressé ni pressé, on a le temps de parler aux gens et de rendre ce lieu humain

Les inconvénients :

  • Il faut éviter de croire que le bio est la solution à tout. Il n'existe aucune solution parfaite et aucun salut dans l'extrémisme. J'ai récemment fait un article sur l'huile de palme où j'explique que beaucoup de produits bio en contiennent. Dans les produits d'hygiène, il faut également savoir faire le tri car il existe deux labels différents. Ainsi j'ai retrouvé au rayon hygiène de la biocoop des produits qui sont "naturels" mais dont les matières premières ne sont pas bio, j'ai aussi trouvé pas mal de produits contenant du Sodium Laureth Sulfate et autre cochonnerie cancérigène du même genre. Mais comme les produits étaient faits à base d'huiles essentielles bios, ils avaient leur place dans le rayon... Ouvrez les yeux et apprenez à lire les étiquettes pour choisir vos produits en connaissance de cause.

  • On trouve également à la biocoop des tas de produits importés. De plus ou moins loin. Cela va des oeufs ou du lait produits à l'autre bout de la France au chocolat de Madagascar. Cela favorise la pollution. Bien qu'ils soient bio, je trouve un peu crétin de faire venir de oeufs de Mâcon quand j'en achète d'excellents à la petite grand-mère au marché. A 75 ans, elle ne demande pas le label bio, mais ses poules ne mangent que des vers de terre, des coquilles et du maïs.

  • De plus en plus, les biocoops s'adaptent aux faux besoins des consommateurs. Il serait illusoire de croire que ce réseau se désintéresse totalement de ses parts de marché et de son bénéfice. Ainsi on trouve dans les rayons des produits qui ressemblent de plus en plus à ceux que l'on trouve au supermarché : cubes de bouillons de volaille, soupes en sachet (potabio), ketchup, plats surgelés, crèmes desserts au chocolat, biscuits de tous genres... Cela gâche un peu l'esprit bio, qui pour moi, signifie retour à des choses non trafiquées...

  • Les prix pratiqués sont parfois vraiment élevés et je finis par me demander si on ne surfe pas aussi sur cette vague bio pour s'en mettre plein les poches...

2/ Le marché

Les avantages :

  • le contact humain, le plaisir d'être reconnu d'un samedi sur l'autre, la possibilité de parler, de prendre son temps

  • la fraîcheur des produits et l'assurance de trouver les produits de saison (cela donne des points de repère : si ce n'est pas sur l'étal du maraîcher, c'est que ce n'est pas de saison)

  • l'assurance d'acheter local et de mettre l'argent directement dans les poches des gens qu'on a en face de nous

Les inconvénients :

Sur le marché aussi, il y a des professionnels de l'esprit grande surface. Ainsi, il y a certains maraîchers qui se fournissent dans les mêmes centrales d'achat que votre grande surface habituelle. Vous trouverez donc sur leurs étals des tomates du Maroc ou d'Espagne à peu près toute l'année, des oranges sans jus et des légumes sans saveur. Vous reconnaissez facilement ces maraîchers car ils ont les étals les plus longs du marché, chez eux on doit faire la queue comme dans les magasins, on ressort avec un ticket de caisse et on nous dit à peine bonjour, surtout aux heures de pointe.

Certes, il vaut mieux donner son argent à ces gens qui vivent dans notre rue ou notre ville qu'à Monsieur Auchan, mais n'oubliez pas que les fruits et légumes que vous leur achetez ont traversé au moins 1 à 2 frontières avant d'arriver dans votre assiette.

Tant qu'à faire le marché, par esprit nature, il vaut mieux acheter au petit grand-père qui vend 3 carottes et 2 choux-fleurs. Il y a fort à parier, qu'en plus du sourire, il vous donnera une ou deux pommes pour vos enfants!

On trouve sur le marché quelques maraîchers bio mais là aussi il faut faire attention. Entre les producteurs engagés et ceux qui se la jouent "nourriture de l'élite", il y a parfois une différence de prix et de qualité importante!

3/ La grande surface :

Les avantages :

  • tout est concentré en un minimum d'espace, on peut faire son plein en 1/2 heure si on est bien organisé

  • les produits bio sont deux fois moins chers qu'à la biocoop et quand on est une famille nombreuse comme la mienne (2 enfants, 2 ados, 2 adultes) ça fait du bien au porte monnaie

  • certaines de leurs marques bio sont tout simplement DELICIEUSES et meilleures qu'à la biocoop

Les inconvénients :

je cautionne l'esprit de gain, de compétitivité, de productivité

Alors que faire? Je n'ai pas de solution. Personnellement, j'essaie de mixer un peut tout ça.

Ma seule véritable devise est vraiment "acheter local". Pour tout. Et de plus en plus. Il arrivera un jour où elle sera "vivre local" c'est à dire travailler, m'amuser, consommer dans ma ville (et donc vendre nos voitures)

Je préfère avant tout acheter local, au détriment du bio. Je préfère acheter des oeufs au marché plutôt que des oeufs qui ont parcouru 600 kilomètres. Si en plus, ils sont bio, alors tant mieux.

Je ne vais pas tellement à la biocoop, je préfère donner mon argent aux producteurs que je rencontre au marché. (bio ou non)

Je préfère acheter des produits bio que j'aime à la grande surface plutôt que leur piètre équivalent à la biocoop (je pense au sucre) car pour moi l'esprit bio, c'est avant tout un retour aux saveurs et au plaisir de manger sain et bon.

Je n'achète des produits équitables que pour ce qui ne se trouve pas en France jusqu'au jour où je saurai m'en passer. Je vis en France, je devrais manger des pommes, pas des bananes.

J'achète principalement chez les commerçants de mon quartier ou de ma région (directement chez le producteur). Je fais un convoi et j'achète en gros : la viande, le poisson, le thé, le café, le vin, la farine, les jus de fruits.

J'essaie juste de ne me faire embarquer par aucune mode. Il faut juste réfléchir à ce qui est le plus évident, ce qui est le mieux pour ma région, pour ma planète...

Pas simple, mais on prend vite l'habitude.

Cosm'éthique, restons vigilants

vendredi 17 mars 2006

Bien qu'il n'y ait pas de magasin Body shop dans ma ville, je connaissais cette marque réputée pour ne pas tester ses produits cosmétiques sur les animaux, pour utiliser souvent des ingrédients bio ou naturels et pour limiter les contenants, favoriser les éco-recharges...

Je me souviens de la nouveauté que représentait une telle façon de penser dans les années 1990 quand une de leurs boutiques s'était ouverte dans ma ville natale. J'étais ado, cela correspondait tout à fait à mon trip "nature et humanisme".

C'est donc avec un certain dégoût que j'ai appris aujourd'hui que cette marque de cosmétiques a été rachetée par le groupe l'Oréal, dont on connaît non seulement la puissance financière mais aussi la déontologie douteuse.

J'ai dû mal à comprendre qu'une entreprise ayant des vertus et des principes puisse se vendre (devrais-je dire se prostituer?) à une machine à fric telle que l'Oréal.

Ainsi, sachez que dès que vous achèterez un rouge à lèvres naturel (sans graisse de baleine) chez Body shop, pensant être attentive à l'environnement, vous donnerez en fait votre argent à une industrie qui teste votre prochaine crème anti-rides sur les yeux des lapins, les rendant bien souvent totalement aveugles.

Bien sûr, c'est toujours mieux que d'acheter un truc complètement destructeur pour l'environnement. Mais je comprends maintenant le discours des écolos qui m'expliquent qu'on ne peut pas se dire alter-mondialiste et partisan du bio, lorsqu'on fait ses courses à l'hypermarché (même si on y achète des produits équitables ou bios) Parce que ce qui importe n'est pas ce que l'on achète mais plutôt la personne/l'entreprise à qui l'on achète et dont on cautionne les actions en lui apportant notre contribution financière.

Pour finir, l'Oréal s'est engagé à respecter les principes de Body Shop puisque, paraît-il, "l'éthique est un nouveau créneau marketing"

Je ne voyais pas la chose sous cet angle...

D'autres raisons d'acheter local

jeudi 16 mars 2006

Ce matin, je suis allée acheter de la lingerie pour remplacer mes vieux soutien-gorges datant de l'avant guerre.

J'étais passé bien des fois devant une petite boutique du centre ville sans jamais oser y rentrer. D'abord parce qu'elle ne proposait que de la lingerie de grande marque et que j'imaginais ça hors de prix, ensuite parce que sa boutique faisant environ 12 m2 et que je m'imaginais mal me jeter la tête dans la première culotte venue, au moindre "je peux vous aider?"

Finalement, j'ai franchi la porte ce matin avec mon petit garçon, avec l'excuse possible de devoir filer à toute vitesse pour cause de garnement intrépide.

Non seulement la dame ne m'a pas sauté dessus mais elle m'a proposé les meilleurs conseils que j'aie jamais reçu en matière de lingerie (et je suis pourtant un cas difficile avec mon 85 A et mes seins en poire!)

Elle n'a pas du tout cherché à me vendre le dernier truc à la mode, ni à me proposer quelque chose qui ne me convenait pas. Elle a entendu mes critères et s'y est conformée.

Elle ne passait pas d'une cliente à l'autre comme un distributeur de soutien-gorge : j'étais seule dans la boutique.

Elle ne sautait pas d'une cabine d'essayage à une autre en jetant un "alors on est comment dans celui-là?" à travers le rideau : il n'y a qu'une seule cabine.

Elle ne montrait pas de signe d'impatience lorsque les modèles ne m'allaient pas, en essayant de me convaincre au contraire qu'ils étaient taillés pour moi "Mais si regardez, redressez-vous un peu, mettez-vous de côté, vous voyez il est parfait" : elle était la première à me déconseiller certains modèles.

Elle ne passait pas son temps à me peloter les seins pour qu'ils se mettent absolument en place dans des modèles taillés pour des poupées de magazine : elle me laissait faire toute seule, comprenant que j'avais ma pudeur.

Elle ne me forçait pas à acheter le string sous prétexte que la culotte c'est ringard : elle comprenait que la mode est une chose et que le confort en est une autre.

A propos des prix, j'étais plutôt surprise. C'est bien connu, la lingerie c'est très cher même dans les franchises spécialisées, soit disant meilleur marché que les petites boutiques.

J'en ai discuté avec la vendeuse qui m'a assuré qu'elle avait plus de choix que beaucoup de ces magasins de la grande ville, que nombre de ses clientes ne trouvaient même pas à Paris certains de ses modèles et qu'elle reconnaissait toujours ses clientes. Je suis ressorti avec le sentiment d'avoir été écoutée dans mes besoins, respectée dans mes choix, imprimée dans sa mémoire et absolument pas étranglée côté porte-monnaie.

Acheter local, c'est non seulement aider nos voisins à gagner leur vie, mais c'est aussi avoir le sentiment d'être un être humain plutôt qu'un numéro de carte bancaire.

C'est pas de saison !

dimanche 12 février 2006

"- Maman, pourquoi t'achètes pas des framboises?

  • Parce que ce n'est pas la saison."

Dur, dur de faire comprendre à ma fillette que les framboises que je trouve déjà sur l'étal du supermarché ne finiront pas dans nos assiettes au mois de février!

Mais après tout, pourquoi? Pourquoi se priver de ces délicieuses framboises juste parce que, d'ordinaire elles se récoltent en été? Après tout, elles sont là, sous mes yeux... Oui, mais consommer des légumes hors saison amène à des paradoxes tellement incroyables qu'il s'agit, une fois de plus, de ma petite guerre personnelle contre le consumérisme.

Un exemple : lorsque vous achetez des haricots verts frais au mois de janvier, ils ont été produits sur le continent africain (au Sénégal ou au Kenya) parce qu'en hiver, il n'y a aucun endroit en Europe où l'on puisse cultiver des haricots verts.

Non seulement ces haricots doivent être transportés jusqu'en France par avion ou par bateau, gaspillant ainsi du pétrole (carburant) mais en plus, pendant que les ouvriers africains cultivent nos haricots verts, ils ne cultivent pas les aliments qu'ils consomment habituellement.

Les haricots ne font pas partie de leur culture alimentaire. Ils utilisent donc des terres sur lesquelles ils pourraient cultiver du soja, du maïs, du manioc...

Comme les pays riches refusent d'annuler la dette du Tiers Monde et que ces pays, largement endettés, doivent exporter un maximum pour gagner de l'argent, ils préfèrent cultiver et vendre ce que l'on mange, plutôt que de cultiver ce qu'ils mangent.

Et, c'est là que l'ironie est à son comble, ils nous achètent ensuite à prix fort les céréales qu'ils n'ont pas eu le temps de cultiver parce qu'on a eu une soudaine envie de haricots verts frais en hiver.....

Alors non, je n'achèterai pas de framboises.

Regardez dans vos livres de cuisine, vous trouverez peut-être en introduction un calendrier des légumes et fruits de saison. Vous pouvez sinon étudier ce tableau et le compléter au fur et à mesure de ce que vous apprenez. http://maitre.gege.free.fr/legumes_de_saison.htm

Je vous invite également à consulter le site de Dina Mena, qui non contente de vous proposer de délicieuses recettes (certaines végétariennes) vous propose un calendrier de saison en images, mois par mois. A vous ensuite de choisir la recette qui vous donne faim!

http://dinamena.overblog.com

Etre consom'acteur

mercredi 18 janvier 2006

Faire un geste en faveur de l'écologie, ce n'est pas seulement consommer mieux, c'est aussi consommer moins voire ne pas consommer. La simplicité volontaire rejoint ici l'écologie (comme souvent).

Parce que c'est gratuit, parce qu'on ne voit pas pourquoi les autres en auraient et pas nous, parce qu'à force d'avoir le choix de tout, on ne sait plus choisir et dire non, parce qu'on nous fait croire qu'on a absolument besoin de ce truc alors qu'on ignorait son existence jusqu'à hier, on ne cesse de surconsommer au détriment de la planète et de sa population.

A la fois pour me simplifier la vie et pour aller toujours plus loin dans mon engagement, je refuse :

  • les cartes de fidélité des magasins. Déjà parce qu'elles encombrent mon porte-monnaie et que je suis fatiguée de transporter un sac pesant une tonne.

D'autre part parce qu'elles ne me poussent qu'à consommer d'avantage.

Ensuite, parce qu'elles anesthésient mon libre arbitre en m'incitant à revenir toujours dans le même magasin au lieu de comparer, découvrir, me laisser guider par mon instinct. Et il n'y a rien de plus dangereux pour le porte monnaie et pour le cerveau que l'habitude.

Les vendeuses comprennent rarement mon geste ("mais la carte est gratuite, vous cumulez des points...") Oui je sais, je vais passer à côté de la fabuleuse et indispensable affaire de ma vie en refusant la possibilité de recevoir un bon d'achat de 4 euros lorsque j'en aurai dépensé 5000. Je crois honnêtement pouvoir y survivre...

  • les prospectus distribués dans la rue. Parce que c'est un papier de plus qui partira à la poubelle sans même parfois que j'aie lu l'information. Je me retiens également de prendre par paquet de dix toutes ces jolies brochures qu'un service marketing a mis des heures à pondre pour nous faire acheter tout et surtout n'importe quoi (regardez bien, il y a des brochures partout et pour tout)

  • les photocopies inutiles. En cours, sur les foires ou les salons, à une conférence, à une réunion entre amis, à la banque... Si je peux consulter l'information sur Internet ou à la bibliothèque, je m'abstiens de photocopier ou d'accepter une photocopie d'un truc qui m'intéresse. On prend souvent la chose par facilité ou parce qu'on n'ose pas refuser, ou parce que ça peut servir. Il est rare que ce papier, en fait, ne finisse pas à la poubelle.

  • les trucs tendances, qui font immédiatement appel à la case "plaisir" dans mon cerveau et qui, souvent ne sont qu'un gadget de  plus. Récemment, j'ai été très attirée par une cabine de douche avec jets hydromasseurs. Comme nous refaisons la salle de bains et que je souffre beaucoup du dos, j'ai pensé que je pouvais m'offrir ce luxe là. J'ai réalisé alors que je passerais bien plus de temps dans ma douche que nécessaire, que je consommerais beaucoup plus d'eau et que le bénéfice ne serait sûrement que très passager au détriment de ma consommation d'eau et d'électricité qui, elle, serait durable... C'en était fini de la cabine de douche high tech!

N'hésitez pas à me dire ce que vous refusez de prendre ou d'acheter, cela m'intéresse vivement!

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